François Fillon, comme il était prévu, l’a largement emporté au second tour de la primaire LR et il sera le candidat de la droite en 2017.

Au-delà de l’analyse politique qui peut expliquer le sort différent fait par le peuple de droite et du centre à deux personnalités de qualité, je voudrais mettre l’accent sur un élan plus fondamental, une aspiration plus profonde qui ont structuré et bouleversé dans le bon sens cette campagne.

Le catholicisme non seulement n’est pas mort mais il a eu le front d’affirmer son existence. La catosphère, comme on la qualifie vulgairement, qui a "dopé François Fillon" (L’Obs), a été représentée en effet par un compétiteur brillant qui ne s’est pas caché sous la table démocratique mais a illustré des valeurs, des principes, des convictions trop vite étiquetés de conservatisme social alors que j’y vois plutôt un désir, une restauration de normalité sociale.

Le retour d’un catholicisme combatif est une grande nouvelle mais encore fallait-il qu’il trouvât une incarnation audacieuse et plausible. Cela a été le cas.

Pourtant, ce n’était pas gagné et probablement ne seront pas éradiqués, d’un coup, de notre espace culturel et médiatique les procès indécents, les attaques indignes contre un catholicisme qui, avec le FN, était la seconde cible d’un journalisme sans inspiration.

Trop longtemps la pensée intelligemment conservatrice avait été moquée au bénéfice du progressisme même bête.

Un homme d’habitude moins sommaire, Laurent Joffrin, n’a pas hésité à comparer François Fillon et son projet à Tariq Ramadan (Libération) parce qu’il était intolérable que le catholicisme ne demeure pas dans les catacombes discrètes politiques et médiatiques où il était considéré à peine comme une partie intégrante de l’âme française, mais sans avoir le droit de le revendiquer.

Quand François Fillon, avec un courage que l’absurdité et les dérives d’aujourd’hui rendaient provocateur alors qu’il était d’évidence, soulignait l’obligation d’une éthique publique, de comportements irréprochables de la part des gouvernants, que disait-il d’autre qu’une parole dont les tréfonds, chez lui, n’étaient pas sans lien avec sa foi, ce qui ne signifie pas qu’une exigeante conception laïque – elle a souvent des faiblesses – serait forcément démunie sur ce plan.

, si discutable par ailleurs, avait bien compris la richesse d’une culture catholique bien au-delà de son incarnation religieuse strictement entendue.

Quand, sur France Inter, dans une émission paraît-il humoristique, le maire d’Aulnay-sous-Bois Bruno Beschizza est ridiculisé grossièrement parce qu’il a pris le parti d’enlever, aux arrêts de bus près des écoles, des affiches montrant une homosexualité ostensible par les photos et avec des textes compliqués à expliquer à de jeunes enfants, quelle bronca autosatisfaite, quelle dérision, quels sarcasmes ! Pourtant, il y avait dans ces préoccupations au moins de quoi faire réfléchir, émouvoir un monde digne de ce nom !

Ce qui a suscité, sous la superficialité politique, une libération des cœurs et des esprits et, donc, l’adhésion majoritaire à François Fillon est la révolte des catholiques. L’affirmation tranquille et résolue, grâce à cet homme, de pensées, d’intentions, de dénonciations et d’exigences qui ne prêtaient non seulement pas à moquerie mais au contraire à fierté, à enthousiasme.

Le vainqueur de la primaire LR a sans doute gagné, bien plus que par son programme économique et financier, grâce à ce coup de force consistant à ne plus s’excuser d’être ce qu’il était, de penser et de sentir ce qu’il pensait et sentait mais à porter haut une manière d’être et de vivre en société qui, contre les forces de destruction et de délitement, avait besoin d’être clairement remise à l’honneur.

Les catholiques ne sont pas morts. Dommage pour ceux qui les rêvaient impuissants, effacés, sans pouvoir sur le pouvoir, chassés de la vie et de l’Histoire.

Extrait de : Les catholiques ne sont pas morts, dommage !

28 novembre 2016

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