Le prix Nobel de la Paix vient d’être décerné au « Quartet » tunisien. Il s’agit de quatre organisations : deux syndicats (UGTT – Union Générale Tunisienne du Travail – et UTICA – Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat), et deux associations (La Ligue des Droits de l’Homme (et nous l’espérons également de la « femme ») et l’Ordre National des Avocats) qui ont réussi à faire adopter la constitution progressiste fin janvier 2014, après la démission du Premier ministre, Ali Larayedh, du parti islamiste Ennahda, et son remplacement par le technocrate Mehdi Jomaâ, désamorçant ainsi le conflit entre islamiste et anti-islamiste qui menaçait de faire basculer le pays dans un chaos total, et aboutissant, enfin, à l’élection du président Essebsi, leader de Nidaa Tounès, le premier parti anti-islamiste.

Cela part d’un excellent sentiment mais ne suffit pas à « mettre du beurre dans les épinards ». La Tunisie est en faillite. Le tourisme, sa principale ressource économique, est réduite à la portion congrue. Le chômage atteint un taux endémique et cela a deux conséquences opposées : soit que la indique le principal responsable, le terrorisme, soit elle se dirige justement vers lui en espérant un monde meilleur sous « la charia » ?

Le problème actuel de la Tunisie est sa position géographique entre deux pays qui l’inquiètent : la Libye, par sa situation de conflit généralisé dont on ne distingue pas encore l’issue finale, et l’Algérie, par son instabilité qui risque de l’entraîner vers une déstabilisation profonde dans un proche avenir.

Ce prix Nobel à la Tunisie c’est également pointer du doigt ce pays à la vindicte djihadiste. C’est hélas lui promettre plusieurs attentats terroristes (Un député, Ridha Charfeddine, vient d’être la cible, jeudi dernier à Sousse, d’un attentat. Neuf impacts de balles sur sa voiture).

Ce prix Nobel de la Paix, ce n’est pas l’ouvrir, mais au contraire la fermer davantage économiquement par le danger qu’il représente pour l’État Islamique.

Une aide financière qui lui permettrait de lutter plus efficacement contre le extérieur et intérieur aurait été bien davantage la bienvenue.

Il n’est pas possible à la Tunisie, sur le chemin semble-t-il d’une démocratie, de construire un mur de plusieurs milliers de kilomètres pour empêcher toutes infiltrations, d’où qu’elles puissent venir. Le sable l’entoure à l’est, au sud et à l’ouest. Seule la méditerranée la protège… Pour le moment.

11 octobre 2015

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