C’est sûr, entre Edith Piaf et la baronne de Rothschild, il y a de la place pour dessiner « la Parisienne ». Entre la gardienne de la Cité Pablo Neruda à Créteil et Inès de la Fressange ou Carla Bruni, aussi. C’est ce que ne semble pas avoir vraiment compris , pensant sans doute que toutes les femmes sont plus ou moins à son image.

Interrogée par le site du magazine Elle, elle s’est lancée dans une longue description des petites femmes de dont elle voudrait tant améliorer l’existence. Et pour cela elle va à leur rencontre. En métro, qu’elle dit, concrétisant ainsi son « parachutage en Pass Navigo » : « Le métro est pour moi un lieu de charme, à la fois anonyme et familier. Je prends souvent les lignes 13 et 8 et il m’arrive de faire des rencontres incroyables. Je ne suis pas en train d’idéaliser le métro, c’est parfois pénible, mais il y a des moments de grâce. » T’as raison maman.

Pour ceux qui ne pratiquent pas comme NKM le métro quotidien, un peu de géographie s’impose. La ligne 8 traverse Paris d’Ouest en Est, de Balard (le XVe chic) à Créteil, nettement moins chic. Quant à la ligne 13 – la plus honnie sans doute des Parisiens parce que, passé Saint-Lazare et Clichy, on y est plus serré que des sardines en boîte – elle relie les banlieues nord et sud de Saint-Denis à Chatillon-Montrouge.

Alors oui, c’est vrai, on peut trouver charmants les Champs-Elysées, La Madeleine, les Tuileries, le Quai d’Orsay, Saint-Augustin et le Cercle militaire, l’Assemblée nationale et ses bords de Seine, les Invalides, Varenne et le Musée Rodin où, quand les rosiers sont en fleurs, on peut aller prendre le thé au jardin. Évidemment, quand on remonte au nord vers Carrefour Pleyel et Saint-Denis, c’est nettement moins « gracieux ». Ça sent même plutôt les pieds, la sueur et le travailleur… celui qui est parti dans le premier métro du matin pour aller vider les poubelles et laver les bureaux, bien avant l’heure des jolis tailleurs et des effluves de CK One. Et quoi qu’elle en dise, pas sûr qu’on croise du côté de La Fourche la candidate aux allures de Boticelli montée sur ses Louboutin.

Elle est ravissante Madame NKM, mais entre Kosciusko-Morizet et Cause-Toujours-Mauricette (comme l’a surnommée Laurent Gerra), il y a tout un monde qu’elle n’a pas fini d’explorer. Sa concurrente non plus, d’ailleurs, mais pour Hidalgo le chemin serait plutôt à faire dans l’autre sens : du saucisson vers le caviar. Bref, aussi déconnectées l’une que l’autre.

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