Serge Gainsbourg chantait « l’aquoibonisme », , elle, veut interdire le « koufarisme », courant islamique qui, à l’en croire, serait assimilable au « wahhabisme ». Pas de chance : dans les innombrables courants islamiques, il n’existe pas plus de « koufarisme » que de beurre en broche.

Ainsi, un « koufar », en vulgate musulmane, c’est un infidèle : au mieux, un juif ou un chrétien, soit un disciple des trois religions abrahamiques ; au pire, un « sans-Dieu », tel qu’on disait naguère chez les catholiques. Mais de « koufarisme » point, même dans les sous-courants islamiques les plus confidentiels.

Le gag, c’est que ce néologisme a été forgé en forme de boutade par Pierre Sautarel, fondateur du site Internet fdesouche, pas spécialement connu pour son islamophilie galopante. Lequel s’est fait un plaisir de tweeter : « L’EI c’est un peu la légion des volontaires français contre le koufarisme… » Encore une autre allusion historique ayant dû passer loin au-dessus du brushing de NKM.

Du coup, les blagues fusent, tandis que la blogosphère se tape les cuisses de rire devant l’ignorance crasse d’une possible postulante à la magistrature suprême. Pourtant, elle n’est pas la première dans cette foire aux cancres. En effet, souvenons-nous d’un certain Nicolas Sarkozy qui, en pleine campagne présidentielle de 2007, alors ministre de l’Intérieur (et donc des Cultes), était incapable d’expliquer au journaliste Jean-Jacques Bourdin, de RMC, la différence entre sunnites et chiites. Avant de s’en sortir par une pirouette digne d’un triple bonnet d’âne : « Je ne suis pas spécialiste en querelles ethniques. »

Et le même de récidiver, lors d’un meeting tenu à Provins, ce 12 septembre dernier : « L’islamisme est comme un totalitarisme contre qui il faut mener une guerre totale […] Nous avons aujourd’hui une peste noire comme la couleur du drapeau de Daech. […] Je ne serai pas le Président du renoncement national. Souvenez-vous de la de Weimar remplie de savants et de fins lettrés. Eh bien, elle est morte pour ne pas avoir su prendre la mesure du nazisme. »

Après la « bravitude » chère à Ségolène Royal, la « cancritude » totale. Ou de l’art de mélanger tout et son contraire, de pratiquer à la fois anachronismes et amalgames historiques. Là, point de « koufarisme », juste du « béachélisme »… Pour être tout à fait juste, on remarquera encore que, dans ce concours à la réduction ad hitlerum, même Éric Zemmour n’est pas en reste.

Ainsi, en plein service après-vente de son dernier ouvrage, Un quinquennat pour rien, compilation de ses chroniques diffusées par la première radio de France, s’est-il permis de traiter ses deux interlocuteurs, Nicolas Domenach et Yves Calvi, de « collabos » parce qu’ils ne partageaient pas ses vues sur l’islam ! Bonjour tristesse ! Un tel journaliste de talent qui inflige à autre que lui l’infernale dialectique dont il prétend, souvent à juste titre, être la sempiternelle victime, ça prête à rire ou ça fait mal au fion.

Heureusement qu’il y a encore une Marine Le Pen pour remettre un brin de finesse dans ce monde de brutes et de crétines. Ainsi, interrogée par nos confrères de TF1, elle affirme : « Je crois que l’islam est compatible avec la République. Un islam tel que nous l’avons connu, laïcisé par les Lumières comme les autres religions. […] On ne cesse de dire que nous allons opérer une discrimination à l’égard des Français de confession musulmane. Notre politique ne vise en aucune manière à opérer des discriminations, nous défendons tous les Français. […] Je crois à l’apaisement par l’autorité. »

Résumons : pendant que certaines font de la politique, d’autres partent en guerre contre le « burkinisme » ou le « halalisme ». Mais toujours rien contre le « connerisme », malheureusement. NKM, si tu nous lis…

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