La prochaine Marche pour la vie aura lieu dimanche 16 janvier. À la veille de cette manifestation, Nicolas Tardy-Joubert, président de la Marche pour la vie, répond aux questions de Sabine Faivre, pour Boulevard Voltaire.

La loi sur l'allongement du délai légal de l'avortement a été votée par l'Assemblée nationale, le 30 novembre dernier. Pourquoi le gouvernement a-t-il voulu passer en force sur ce sujet ?

Le président de la République a dit être opposé à l’extension de la durée légale de l’avortement à 14 semaines et laisse faire, malgré tout, sa majorité parlementaire sur cette terrible proposition de loi. Celle-ci est soutenue par son ministre de la Santé, animé d’une idéologie acharnée. Nous sommes dans le « en même temps » permanent et la duplicité.

Quel est le contenu de la loi adoptée par les députés ?

Parmi les articles adoptés figurent l’allongement de l’avortement de 12 à 14 semaines, la possibilité d’avortement instrumental par des sages-femmes qui ont pourtant la mission de donner la vie et la suppression des derniers délais de réflexion pour les mineures avant l’IVG. La suppression de la clause de conscience spécifique à l’avortement n’a finalement pas été adoptée.

Comment expliquer que ce projet de loi n'ait fait l'objet d'aucun débat national avec les différents acteurs concernés et les associations ?

L’idéologie mortifère de certains mouvements est extrêmement puissante. Il faut rappeler que 71 % des gynécologues-obstétriciens s’opposent à l’extension de la durée légale à 14 semaines (début du 4e mois), compte tenu de la dureté de l’acte. La marque de ce gouvernement, ce n’est ni l’écoute ni la consultation ni le dialogue. Preuve en est faite une nouvelle fois.

Emmanuel Macron avait suscité un tollé chez les féministes en évoquant le « traumatisme » de l'avortement pour les femmes. Que pensez-vous de cette déclaration inédite dans la bouche d'un Président ?

Peut-être est-ce un début de prise de conscience de la dure réalité de l’acte qu’est l’avortement, dont on cache d’ailleurs soigneusement les conséquences médicales et psychologiques. Mais ce début de prise de conscience ne débouche sur aucun acte courageux pour en limiter les causes. Cela fait un peu penser au discours d’Emmanuel Macron délivré aux Bernardins, puis à son soutien de la révision des lois de bioéthiques, entraînant de nouvelles transgressions.

Quelles pistes proposer pour que cette réalité soit mieux prise en compte par les politiques ?

Nous avons dix propositions pour améliorer les choses. 88 % des Français, dans un sondage IFOP d’octobre 2020, déclaraient soutenir la mise en place d’études pour mieux comprendre les causes et les conséquences de l’avortement. Commençons par là. Puis mettons en place de véritables politiques de prévention pour réduire le nombre d’avortements en France. Il est nécessaire de mettre en place de bonnes mesures pour que l’avortement ne soit jamais une fatalité pour des raisons économiques, ce qui est, hélas, trop souvent le cas. Faisons-en sorte de permettre le remboursement à 100 % des actes liés à une maternité, alors qu’une prise en charge à 100 % est déjà prévue pour l’IVG. Éduquons à la responsabilité, changeons les cœurs. Encourageons l’accouchement sous X pour permettre aux jeunes femmes en difficulté de mener leur grossesse à terme et de permettre ainsi l’adoption. Ces mesures simples auraient des effets bénéfiques rapides.

Sur le sujet du respect de la vie, quel discours vous paraît aujourd'hui le plus pertinent pour aborder la réalité de l'avortement et de ses enjeux ?

Nous devons adapter le discours aux différentes cibles que nous visons. Pour les jeunes, il faut une éducation à la responsabilité, au respect de la vie, au sens de l’engagement dans la durée. Pour la population adulte habituée à 47 ans de loi Veil (dont les soi-disant garde-fous ont tous sauté), il faut informer et faire prendre conscience du drame et des conséquences de ces avortements. Pour les politiques, le discours doit porter sur l’impact démographique de l’avortement, ses conséquences économiques, les conventions internationales, notamment en matière de prévention, que la France a signées et ne respecte pas.

Quels seront les mots d'ordre pour la prochaine Marche pour la vie, le 16 janvier prochain ?

Le mot d’ordre principal de cette marche du 16 janvier est de faire de la protection de la vie une grande cause nationale. Pour cela, nous voulons mettre en œuvre tous les moyens possibles pour que la vie soit partout respectée et défendue. Nous voulons également que la loi Gaillot, qui va être proposée en seconde lecture au Sénat le 19 janvier, soit rejetée et puisse être abrogée si elle devait être votée. La vie doit être protégée à son début mais également à sa fin, c’est la raison pour laquelle nous demandons également le rejet de toute légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie. Nous voulons donc déployer un plan actif afin que tous les Français qui en auraient besoin puissent avoir accès aux soins palliatifs.

Quels sont vos besoins pour la prochaine Marche pour la vie (bénévoles, organisation, tracts, etc.) ?

Nous avons besoin de la présence des Français à cette marche, de leur soutien spirituel, de leur soutien financier, sans quoi cette marche ne pourrait avoir lieu, puis de leur engagement auprès des nombreuses associations pro-vie que nous fédérons. Nous aurons 1.000 jeunes bénévoles pour accueillir les manifestants pour la vie. Nous recrutons des jeunes pour nos actions, et pour les former au combat pour la vie.

15 janvier 2022

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