Evoquons l’exercice de sur TF1 et Europe 1 où il a tenté de nous démontrer qu’il est tout ce qu’il n’est pas. L’acteur a perdu de son aura parce que son texte est devenu un propos conventionnel plus qu’une expression sincère. Ses trucs et ses procédés ne convainquent plus. […]

Pour avoir vilipendé le désastreux Mur des cons et avoir jugé la lettre adressée par le Syndicat de la Magistrature au président de la République outrancière et choquante, je suis d’autant plus fondé, en retour, à mettre en cause la teneur de l’entretien de Nicolas Sarkozy avec Jean-Pierre Elkabbach et Gilles Bouleau.

Ces derniers, il faut l’admettre, ont tenté de faire leur travail mais ils ont eu les miettes que la volubilité de leur invité leur laissait.

Après sa garde à vue et sa mise en examen pour corruption active, recel de violation du secret de l’instruction et trafic d’influence, Nicolas Sarkozy a eu droit à Europe 1 et TF1 durant une quinzaine de minutes au moins mais il est un citoyen ordinaire et paraît-il un justiciable comme les autres.

Il s’en est pris à ces "dames", les juges d’instruction Simon et Thépot, et cette dernière en particulier a fait l’objet de ses foudres constantes parce qu’elle appartient au SM. Jusqu’à nouvel ordre, personne ne peut suspecter ces magistrats d’avoir inventé les faits dont elles sont saisies et le Mur des Cons ne frappe pas à vie même les juges les plus discrets d’une malédiction professionnelle.

Le juge Gentil, lui aussi, avait été traîné dans la boue politique et judiciaire par les amis de Nicolas Sarkozy jusqu’à ce que celui-ci n’hésite pas à exploiter le non-lieu dont il avait bénéficié de la part de ce magistrat pourtant tellement odieux et partial !

Il est clair que pour Nicolas Sarkozy les seuls magistrats supportables ont été ou sont ceux soumis à son emprise ou qui n’instruiront jamais à son sujet. Tous les autres, des "petits pois".

Il a vigoureusement contesté la dureté et l’humiliation de sa très longue garde à vue puis de son défèrement tardif et s’est plaint d’avoir été traité de la sorte au lieu de l’être selon des modalités moins éprouvantes. A qui la faute ? Si ces magistrats ont été obligés de mettre en œuvre un tel dispositif, c’est à cause du comportement de Nicolas Sarkozy qui n’a pas cessé depuis sa défaite d’activer un réseau d’informateurs dans les hautes sphères de l’Etat. Pour être prévenu, alerté, pour influencer et déséquilibrer. Pour mieux se tirer d’affaire, des affaires en n’hésitant pas à solliciter ou à favoriser le dévoiement de certaines personnalités dont une au moins, Patrick Calvar, a su résister. Mais Nicolas Sarkozy ne proclame-t-il pas qu’il est un justiciable comme les autres ?

Il prétend nous apitoyer en faisant croire que ses conversations intimes ont été retranscrites alors que la seule transcription des écoutes – outil procédural efficient en l’occurrence – a concerné la préparation ou la commission d’infractions entre lui-même, Me Herzog et Gilbert Azibert. Cette circonstance a toujours permis, selon la Cour de cassation, de battre en brèche le rempart absolu du secret professionnel. Mais peu importe. Nicolas Sarkozy est avocat et a affirmé avoir le soutien des avocats !

Tout le reste à l’avenant.

Bygmalion ? Le Conseil constitutionnel a tout dit. Il n’y est pour rien.

Les sept procédures dans lesquelles il est impliqué ? Une malveillance, une instrumentalisation. La main sur le cœur et sur l’esprit, ne nous déclare-t-il pas qu’il est irréprochable ? […]

Cet homme se vantant d’être honorable voit son honneur trop systématiquement et durablement contesté pour pouvoir encore se réfugier derrière cette belle façade. […]

Extrait de : Les grosses ficelles de Nicolas Sarkozy.

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