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Editoriaux - Médias - Politique - Religion - Supplément - 20 avril 2016

Ni droite ni gauche ? Bien au contraire

Le 17 avril passaient Eugénie Bastié et Florian Philippot au “Supplément” de Canal+.

« C’est la première fois, sur ce plateau, que j’ai autant de gens de droite », s’amuse ingénument le présentateur, qui enchaîne sur une autre phrase, sans plus y penser, quand Philippot l’interrompt d’un grincement : « Je ne suis pas de droite, je ne suis ni de droite ni de gauche. » Et Eugénie Bastié de rebondir : « Moi non plus. » Ah, OK… pardon, on avait cru que… mais non. Au temps pour moi, j’ai dû faire un faux numéro.

Je ne dois pas être le seul à me demander comment la gauche, structurellement minoritaire dans l’opinion du pays depuis la Libération, et aujourd’hui plus que jamais, conserve un pouvoir quasi hégémonique dans la politique et les médias. Voici au moins une partie de réponse : ceux qui sont de gauche se disent fièrement de gauche, mais ceux qui sont de droite disent « ni droite ni gauche » ou bien « oh non, moi, vous savez, je suis au-dessus des chapelles, je suis… mmmh… vous voyez ? » Bah non, on voit pas. Notre intelligence ne porte pas jusqu’aux hauteurs ultra-chapelliques.

Imaginez un évêque qui dirait : « Je ne suis ni croyant ni athée. » Ce refuge dans une sorte d’agnosticisme politique délivre un message troublé, offre une indécision apparente et tout cela n’est pas bon. L’énorme peuple de droite qui a porté au pouvoir cinq Présidents sur sept au cours de la Ve République est laissé là comme un amour adultère, à qui on concède de longues étreintes sous les alcôves, et qu’on fait semblant de ne pas connaître dans les dîners mondains.

« Quiconque rougira de moi dans ce monde, je rougirai de lui dans ma gloire et celle de mon père », dit le Christ. Quand un chef rougit de son camp sur les plateaux télé, son camp rougit de lui dans les urnes, dans la rue, au travail, en famille.

Bien sûr qu’un homme politique ou un penseur peut se dire au-dessus des partis, dès lors que cela veut dire réfléchir sans qu’une idéologie particulière vienne s’imposer à l’observation du réel. Mais c’est, là, non pas être au-dessus des partis, mais être non idéologique ce qui n’est pas la même chose. Car l’idéologie, c’est en effet la gauche. Conformer tout comportement et toute pensée, tant collectifs qu’individuels, à une doctrine politique, y compris au mépris total de la nature des choses, voire de la logique la plus élémentaire, c’est la gauche. Le clivage, l’opposition constante et violente à tout, les idées politiques érigées en religion, la révolution en conversion, la prise du pouvoir en parousie, c’est la gauche.

Être au-dessus des clivages pour ne rechercher que le bien commun, ce n’est pas être « ni de droite, ni de gauche », c’est au contraire être radicalement de droite.

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