Depuis la fin de l’hégémonie politique du sionisme socialiste en 1977, Israël vit sous alternance de gouvernements de ou de coalition. Ces dernières années, le corps électoral israélien est devenu majoritairement droitier. Aujourd’hui, abstraction faite des partis éphémères, la coalition au pouvoir peut être résumée à l’alliance entre les héritiers du sionisme révisionniste de Jabotinsky et les néo-sionistes orthodoxes, et rassemble des partisans des deux États et de négateurs de l’État palestinien. Une des raisons de cette droitisation vient précisément du ralliement des religieux orthodoxes à l’idée sioniste, eux qui étaient auparavant farouchement antisionistes, "le Temple ne pouvant être reconstruit que par le Messie". D'autre part, les échecs répétés d'un accord avec les Arabes palestiniens a conduit à un enfermement obsidional ultra-nationaliste de nombreux secteurs de la société, notamment des immigrants de Russie.

Avec Benyamin Netanyahou, les électeurs israéliens pensent avoir trouvé un résistant efficace à l’hostilité arabe. Qu’en est-il dans les faits ? Par son intransigeance affichée, ce Premier ministre réussit l’exploit de rendre l’État hébreu odieux à de nombreux pays, dirigeants ou opinions publiques compris. Or, Israël ne peut survivre que grâce à l’appui étranger. En 1948, sans l’aide militaire de Staline et sans l’appui diplomatique (in extremis, d’ailleurs) des États-Unis d'Amérique, Ben Gourion serait resté dans l’histoire comme un petit agitateur juif. Sans l’aide de la France de Guy Mollet, jamais Israël n’aurait fabriqué la bombe atomique. Sans l’aide militaire américaine actuelle, Israël manquerait d’armes de haute technologie.

Par sa politique d’expansion des colonies, ce Premier ministre, partisan d’un État juif séparé d’un État arabe (selon la résolution de l’ONU en 1948), promeut l’installation de plus d’un demi-million de juifs dans les territoires occupés. Lorsqu’il y aura 25 % d’Israéliens en Palestine, alors qu’il y a 20 % d’Arabes en Israël, comment ne pas voir que la solution de l’État unique libanisé s’imposera de facto, sanctionnant l'échec du sionisme ?

Le 3 juin dernier, put toucher du doigt l’échec de sa politique. Les puissances mondiales, en tête, reconnurent le palestinien soutenu par le Fatah et le Hamas. La réponse fut l'annonce de 1.500 logements de plus à construire en Cisjordanie.

Le 30 juin, à la suite de la découverte des corps de trois adolescents, Israël accusa le Hamas, alors que le kidnapping était le fait du clan Qawasmeh. Près de 400 Palestiniens, essentiellement membres du Hamas - dont le président du Parlement palestinien Aziz Doweik –, furent arrêtés. Le Hamas répliqua en tirant des roquettes et le 8 juillet, le israélien déclencha une opération contre Gaza.

Tel le canard sans tête qui fonce tout droit, poursuit sa course folle. Il se montre tel qu’il est objectivement, à savoir le pire ennemi de son peuple.

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5 août 2014

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