Une fois de plus, l’horreur, mais cette fois pas par la quantité, mais par la qualité : en Normandie, deux fous d’Allah ont égorgé un prêtre catholique, dans son église, pendant la messe. Daech a revendiqué l’action.

Ce matin, en Europe tout du moins, la guerre de religion prend le pas sur la guerre de civilisation. Le père Hamel, curé de la paroisse de Saint-Étienne-du-Rouvray, rejoint la longue, très longue liste des chrétiens assassinés par l’ dans le monde pour la seule raison qu’ils sont chrétiens.

Devant ces actes sauvages, les chrétiens du monde entier croient entendre, physiquement, la dernière des Béatitudes : « Heureux êtes-vous lorsqu’on vous persécute en mon nom. » Les chrétiens d’Orient, le père Hamel, tous ceux qui risquent leur vie pour leur foi sont inclus dans cette étrange et surnaturelle affirmation. La foi offre ainsi, dans des moments tragiques, des occasions de dépasser le quotidien, l’humain, pour atteindre des sphères spirituelles où règne la divinité. Ce n’est pas autre chose qu’a voulu signifier, depuis Cracovie, Mgr Lebrun, l’archevêque de Rouen, en déclarant dans un communiqué de presse : « L’ ne peut prendre d’autres armes que la prière et la fraternité entre les hommes. » Oui ! Rien n’est plus étranger à la doctrine chrétienne que l’idée de vengeance.

Seulement, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin ! Lorsque l’archevêque, dans ce même communiqué, écrit que la tuerie « a fait trois victimes, le prêtre et les auteurs de l’assassinat », il dépasse les bornes. Car, enfin, peut-on mettre sur le même pied le prêtre martyr et ses deux assassins ? En quoi sont-ils tous trois, et au même titre, sans nuance, des « victimes » ?

S’il s’agit de faire passer ces cinglés d’islamistes fanatiques pour des victimes, on peut discuter de ceux qui leur lavent le cerveau. Et si on trouve ces manipulateurs, seront-ils également des « victimes » ? De qui ?

Avec une telle argutie, il n’y a plus de gendarmes et de voleurs, plus de bons, de brutes et de truands, plus de loups et de moutons, plus de justes et d’injustes. Tout le monde dans le même sac et « Dieu reconnaîtra les siens ». Non ! Trois fois non !

Messieurs les prélats, nous n’attendons pas de vous un salmigondis indéchiffrable ou des entorses à la langue pour éviter de choquer l’un ou l’autre. Les mots ont un sens, ne vous trompez pas. Devant les attaques, beaucoup de gens retrouvent la fierté d’être chrétien. Ne gâchez pas leur audace sous le tiède prétexte de se montrer gentil avec les musulmans, de ne pas les offusquer, même si les leurs agissent en barbares sanguinaires. Au contraire, nous attendons de vous que vous vous exprimiez clairement, que vous disiez sans détour ce que vous voulez dire, sans chercher à contourner les obstacles.

C’est ainsi, et pas autrement que, comme l’écrit encore Mgr Lebrun, « les jeunes qui sont l’avenir de l’humanité » accepteront « de ne pas baisser les bras devant les violences et de devenir les apôtres de la civilisation de l’amour ».

26 juillet 2016

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