Denis Baupin, auquel Le Monde a consacré récemment un portrait assez dévastateur, a fait réfléchir sur certaines dérives du monde politique, sur le machisme et l’indélicatesse de quelques-uns, et plus généralement sur les rapports entre les hommes et les femmes.

Dans un premier mouvement, on mélange tout et on va au bout d’une dénonciation qui pour compenser trop de silences, de résignations ou d’acceptations contraintes se croit obligée d’être extrême et de ne pas distinguer, par exemple, la séduction du harcèlement. Pour quelques hommes ne connaissant pas de limites, tous les hommes devraient payer !

Aussi sur ce thème sensible, ai-je été heureux de lire la réaction nuancée et tranquille de qui, entre exacerbé et lâcheté quotidienne, a su trouver le ton juste. Cela est trop rare depuis une semaine pour ne pas être souligné. Il est clair que cette personnalité est “trop bien dans sa peau et dans son apparence” pour avoir des comptes virulents à régler.

et d’autres peu nombreux n’ont pas de limites dans cette voie délicieuse qui constitue une richesse de l’existence et une grâce de l’humanité : celle qui mène de l’indifférence, de la neutralité à l’intérêt puis à la séduction, peut-être au désir, enfin à sa concrétisation s’il y a accord des volontés et des libertés.

Là où la plupart des hommes n’éprouvent aucune difficulté pour, à un moment donné, s’abstenir parce qu’aller plus loin imposerait un comportement honteux, une minorité, faute de tenue, poursuit obstinément ses avancées en ne tenant aucun compte des oppositions. Et c’est alors, à juste titre, la révolte de femmes qui osent enfin parler et, c’est triste, affronter le ridicule dont des hommes idiots prétendent encore les accabler.

Comme si c’était hilarant, galant, irrésistible, dérisoire et en tout cas tellement français !

Pour admettre la légitimité et le courage de ce combat féminin, je n’en suis que plus à l’aise pour douter de l’utilité de cette guérilla féministe qui cherche partout et sans cesse, calculs à l’appui, des motifs pour nourrir ses aigreurs, son ressentiment. On nous inonde de statistiques, de pourcentages pour nous démontrer à quel point, par exemple, pour la programmation artistique et la présence dans les médias, les femmes seraient trop peu présentes (CSA, Observatoire de l’égalité entre femmes et hommes).

Il me semble excessif d’imputer nécessairement toute inégalité culturelle, médiatique, judiciaire ou politique à une sorte de complot que la société fomenterait contre le prétendu faible, mais jamais à l’inventivité d’une quotidienneté qui, en certaines situations et pour tel ou tel destin, place les uns sur un pavois et les autres en moindre lumière, tous sexes confondus. Car il serait, en effet, insupportable que structurellement un déficit accablât les femmes en tant que telles.

Mon regard est sans doute naïf mais j’ai parfois l’impression que, si les femmes peuvent être moins nombreuses et moins banalement considérées dans des activités politiques ou médiatiques, elles font l’objet, quand elles s’y trouvent, d’éloges et de dithyrambes que des hommes rêveraient de se voir dispenser. J’admets qu’il y a peut-être là, paradoxalement, l’expression d’une infériorité principale qu’on viserait à compenser par de la mousse surabondante et souvent injustifiée sur quelques-unes.

Extrait de : Les femmes ne sont pas des calculs !

22 mai 2016

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