Avec la de , un des pires dictateurs communistes du XXe siècle, avec Kim Il Sung, Enver Hodja, Mao Tse Toung, Pol Pot, on assiste, presque incrédule, à la stupéfiante opération de toilettage du personnage à laquelle se livrent tous nos médias, lesquels nous révèlent l’indulgence qu’ils conservaient dans le fond de leur cœur pour ce grand bienfaiteur de l’humanité.

Certes on rappelle qu’il n’était pas un très grand démocrate, mais on lui trouve aussitôt des circonstances atténuantes : s’il était comme ça, c’est uniquement de la faute aux vilains Américains, lesquels se sont constamment ingéniés à contrecarrer ses généreux projets. Mieux, on n’hésite pas à créditer l’inamovible bourreau du peuple cubain de grands mérites : il aurait, par exemple, mis en place des systèmes scolaire et de santé performants dont auraient bénéficié tous les Cubains. À l’exception bien sûr des « mauvais citoyens », des « agents de l’impérialisme » et autres « ennemis du peuple », invités, eux, à croupir à l’ombre au fond de sinistres culs-de-basse-fosse ou à expier leurs fautes en s’exténuant sous le soleil dans les camps de travail du régime.

Quand, le 11 septembre 1973, le Général Pinochet, répondant aux appels de plus en plus pressants du peuple chilien, entraîné contre son gré dans un socialisme calamiteux (606 % d’inflation, pénurie et rationnement de toutes les denrées alimentaires de base, etc.) par un Salvador Allende qui n’avait dû son accession à la présidence du Chili qu’au fait d’avoir obtenu une majorité très relative (36,6 %), qui faisait allégrement fi des décisions de et passait outre tous les votes du parlement, en s’appuyant sur l’action violente (plus de 200 assassinats) mise en œuvre par une 5e colonne constituée d’agents cubains et de guérilléros d’extrême du MIR, se décida à renverser l’apprenti dictateur, on pouvait penser qu’il avait fait là œuvre utile.

Ce n’est pourtant pas ce que considéra une opinion internationale bien catéchisée. Partout on manifesta une véhémente réprobation à l’égard du nouveau Franco et on pleura le martyr de la . On s’indigna des victimes de la répression policière : au total 2.296 morts ou disparus parmi les opposants d’extrême gauche au nouveau pouvoir (chiffre établi en 1991 par la Commission Nationale de Vérité et de Réconciliation). Mais, en 1988, après avoir rétabli l’ordre et la prospérité dans son pays, le « dictateur » Pinochet sollicita par voie de référendum la prolongation de son mandat. N’ayant obtenu des électeurs que 44,01 % des voix, il organisa alors des élections et, le 11 mars 90, céda la présidence au candidat sorti des urnes, le démocrate-chrétien allié aux socialistes, Patricio Aylwin : ça, mes amis, c’est de la vraie et implacable dictature !

A contrario, quand les frères Castro ont-ils, par voie de référendum, demandé au peuple cubain s’il souhaitait la prolongation de leur pouvoir totalitaire, instauré en janvier 1959 et toujours en place ? De combien de fusillés, de combien de morts de faim, d’épuisement ou sous la torture, de combien de noyés entre et la Floride, Castro et sa bande (dans laquelle le photogénique Che Guevara ne fut pas le moins sanguinaire) sont-ils les responsables ? Selon Le livre noir du communisme, de 15.000 à 17.000 personnes ont été fusillées à Cuba. Des milliers d’autres victimes ont péri en prison ou dans le goulag cubain, et environ 77.000 se sont noyées après avoir tenté de fuir sur des embarcations de fortune le paradis castriste. Ces migrants-là ne suscitaient pas de compassion, alors…

J’espère que le fantoche qui fait encore office de président à notre pauvre prendra la tête de la délégation qui se rendra à La Havane pour présenter au peuple cubain affligé les condoléances fraternelles du peuple français.

27 novembre 2016

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