Qui s’est révolté, lundi, chez Air France ? Sont-ce les « gros bras de la CGT », comme le prétend Collard ? Ou plutôt des Français désespérés, poussés à des gestes violents par une agressivité encore plus grande que la leur ? La « classe politique » condamne cette radicalisation. Qu’on lui enlève ses strapontins, ses prébendes, ses privilèges, ses cumuls de mandats, ses emplois de menteurs à vie, et l’on verra pis que la jacquerie d’hôtesses de l’air et de stewards !

La rage est d’autant plus légitime que le DRH, il y a huit mois, avait annoncé qu’il n’y aurait plus de licenciements. C’est, au contraire, 2.900 mises à la porte qui sont prévues, à la suite de ce qui apparaît de plus en plus comme un stratagème sournois. Le fameux « plan B » vient en effet après la mise en scène d’une provocation vicieuse vis-à-vis des pilotes. L’empoisonnement des relations sociales est le fait de la hiérarchie. Il est vrai que le mépris de l’oligarchie ne connaît plus de limite, dans les pays où règne le libéralisme sauvage, et qu’il est sans doute nécessaire de lui rappeler les bornes de la civilité, même avec des manières de brute.

Le gros bras du Parti communiste qui a initié ce qui s’apparente à un crash de première grandeur, c’est Gayssot, de sinistre mémoire, et c’est un devoir de le rappeler, lui qui a « ouvert le capital » de l’entreprise. La vérité est que les plus beaux fleurons de l’économie française, , Alcatel, Gemplus, Péchiney, etc., ont été livrés aux capitaux étrangers, anglo-saxons, protestants et, de plus en plus, islamiques. La France est rachetée à bas prix, pillée, démembrée, désossée.

Lors de la fusion Air France-KLM, on croyait que le coq allait avaler le fromage de Hollande. Erreur : le volatile s’y étouffa. Les cadres de la triste compagnie calviniste, grisâtre et poussive, qui battait de l’aile, ont été placés aux postes stratégiques. Amsterdam se développe aux dépens de . Des lignes ont été cédées au Qatar, en contrepartie de la vente de 24 . Le PDG de Qatar Airways a reçu, en catimini, la Légion d’honneur des mains de notre Président normal himself. Le programme de fidélité a été signé avec American Express. Emirates Airways est en embuscade. Qu’on se le dise : la France n’a plus de raison d’être ! Le !

Il est temps de regarder ailleurs que dans la rue, et de voir AUSSI ce qui se passe en haut, dans l’atmosphère mortifère de la finance internationale, pour qui les frontières n’existent plus depuis longtemps. Un jour, on apprendra qu’Air France a été rachetée par une monarchie arabe. Les actions flamberont. La Bourse sera contente. Un plan gigantesque accompagnera la combinaison.

On comprend que les révoltés de lundi aient crié « On est chez nous ! »

7 octobre 2015

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