– ce n’est pas une première – a déclaré lundi matin sur BFM qu’entre le Front national et le Parti socialiste, elle choisit le Parti socialiste. C’est du moins la position qu’elle entend défendre mardi devant le bureau politique de l’UMP, réuni pour décider de l’attitude à adopter lors du second tour de l’élection législative partielle dans le Doubs. C’est son droit. En a-t-elle mesuré toutes les conséquences ?

Tout d’abord, un tel choix renforcerait chez les électeurs du Front national le sentiment que l’UMPS n’est pas une lubie : point de différence notable entre l’UMP et le PS. De leur côté, une majorité des sympathisants UMP, qui souhaitent des accords avec le FN lors des élections locales, ne le comprendraient pas. Ensuite, ce choix devrait logiquement s’étendre aux élections départementales, lorsque des candidats FN seront opposés à des candidats PS, puis aux élections régionales. On peut imaginer l’hécatombe ! Cette connivence se propagerait jusqu’aux élections présidentielles : en cas de duel FN/UMP ou FN/PS, les électeurs pourraient indifféremment voter pour le PS ou l’UMP. C’est d’ailleurs ce qu’espèrent les futurs candidats du PS et de l’UMP : se retrouver face à Marine Le Pen au second tour, croyant ainsi assurer leur élection.

Même sans être spécialiste des questions de stratégie politique, on peut émettre l’hypothèse que le bureau politique de l’UMP n’aura pas une réponse tranchée sur ce sujet et qu’il se réfugiera, plus ou moins adroitement, dans une formule ambiguë. Sans l’apport d’une partie des voix du Front national, un grand nombre de candidats UMP ne pourraient, en effet, l’emporter dans un duel face au PS et ce n’est pas la meilleure façon de rallier des suffrages que de commencer par ostraciser des électeurs. Les sympathisants du Front national ne seront pas dupes de ceux qui les rejettent ou les appellent, selon les circonstances, en fonction de leurs intérêts du moment. en a fait les frais en 2012. Classer les Français en deux catégories – les bons et les mauvais – tient d’un manichéisme cynique et d’un irréalisme nuisible. La politique n’est pas si simpliste : on a vu récemment en Grèce la gauche radicale s’allier pour gouverner avec la droite souverainiste.

L’option de Nathalie Kosciusko-Morizet serait suicidaire pour l’UMP. Au lieu de passer leur temps à les diviser, les « partis de gouvernement », comme ils se nomment avec quelque prétention, feraient mieux de chercher ce qui rassemble les Français. L’ostracisme n’est une méthode politique efficace que pour creuser chaque jour un peu plus sa tombe : les partis qui le pratiquent ne devront s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils sont un jour congédiés.

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