Culture - Editoriaux - Médias - Télévision - 8 octobre 2016

Najat Vallaud-Belkacem ne s’intéresse qu’aux gadgets

Moins un individu possède le minimum des qualités requises pour occuper des responsabilités officielles, plus il va se pousser du col et faire preuve d’une arrogance déplacée qui fera apparaître béante la faille qui sépare la compétence de la charge exercée.

Ainsi, Najat Vallaud-Belkacem – ministre de l’Éducation nationale parce qu’elle est douée pour communiquer et a donc « mérité » une place dans un Conseil des ministres qui n’est plus, depuis Sarkozy, qu’un « casting », une distribution pour les besoins de la télévision -, ne se sent plus : elle fait la leçon au pape, à défaut d’avoir la capacité de la faire à des élèves qu’elle ne connaît qu’abstraitement.

Ces personnages fabriqués vont s’illustrer par des actions marginales, « symboliques », en évitant les vrais problèmes qui sont au centre et sur lesquels ils n’ont pas la moindre connaissance pratique. Seuls les gadgets les intéressent. Ils font parler et occupent les journalistes.

C’est ainsi que, le 5 mai 2011, Luc Chatel annonçait une association entre son ministère et « Ligne Azur » pour lutter contre l’homophobie. Cette annonce faisait suite à des mesures pour favoriser l’accès des adolescents à la contraception en milieu scolaire. C’est moins ennuyeux que l’illettrisme et plus porteur auprès des médias que la sélection par le mérite.

L’Éducation nationale n’est donc pas l’institution qui instruit. Elle est avant tout le moyen de « changer les mentalités ». Pour Najat Vallaud-Belkacem, les apprentissages fondamentaux, la transmission d’une culture ont peu d’intérêt. D’ailleurs, elle n’y connaît que ce que lui soufflent les apparatchiks du cabinet, comme dernièrement la bourde qui lui a fait désigner Lavisse comme l’auteur du Tour de la France par deux enfants qu’elle a prétendu, néanmoins, avoir lu.

La suffisance est égale chez elle à l’insuffisance. Ainsi s’est-elle autorisée à accuser de légèreté les propos du pape accusant l’Éducation nationale d’enseigner la « théorie du genre ». La mémoire du ministre a dû lui jouer un vilain tour. Ce mot de « légèreté » est celui qu’a utilisé le rapporteur public du Conseil d’État pour obtenir l’annulation de la circulaire du ministre précédent, Vincent Peillon, lui aussi grand partisan du changement de mentalités. Dans ce texte, il poussait les recteurs à promouvoir la « Ligne Azur » avec énergie (?) pour sensibiliser enseignants et élèves aux questions d’orientation et d’identité sexuelles. Si « l’orientation » est déjà un terme idéologique destiné à normaliser l’homosexualité, l’identité, qui n’est pas un problème mais une évidence pour la biologie, relève bien de l’idéologie du genre pour laquelle le « genre » n’est pas le sexe réel, mais le « genre » souhaité – on dira plus justement fantasmé. Le site incriminé s’aventurait aussi sur les sujets de la drogue ou de la procréation au mépris de la législation pénale en vigueur.

La décision de la plus haute juridiction administrative, qui a pris le ministère en défaut, ne date que du 14 octobre 2014. Mme Vallaud-Belkacem aurait donc dû se faire plus modeste.

Elle s’est contentée de faire preuve de sournoiserie. Elle a prétendu que le jugement du Conseil d’État ne visait que les comportements illicites, mais que l’intention de combattre l’homophobie devait être maintenue.

Sans souligner le caractère démesuré pris par cette question en raison d’un groupe de pression envahissant les antichambres des pouvoirs, il est clair que la « Ligne Azur » parle bien de l’identité de genre et que le ministère continue à vouloir changer les mentalités en enseignant une vision constructiviste de l’homme.

Les ouvrages comme les textes qui influencent l’Éducation dite nationale en font foi. L’idéologie du genre n’est pas morte. Et le ministre y croit. On se contentera, simplement, de rappeler que cette « théorie » avait déjà ses entrées au ministère du temps de Sarkozy qui, lui aussi, a la mémoire qui flanche.

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