Najat Vallaud-Belkacem, ou l’autosatisfaction aveugle

Ce lundi, Najat Vallaud-Belkacem, notre ministre de l’Éducation nationale, était sur les plateaux de télévision pour faire la promotion de son dernier livre à paraître ce mercredi 1er mars, La vie a plus d’imagination que toi. Cet ouvrage autobiographique, somme toute assez banal, revient sur l’enfance du ministre au Maroc ainsi que sur le début de sa vie en France. Elle y défend, par ailleurs, à l’issue d’un plaidoyer pour elle-même d’une rare indulgence, les réformes éducatives menées pendant le quinquennat écoulé sous la houlette de Hollande et Valls.

À côté de la réforme du collège, sur laquelle elle persiste et signe, elle évoque également la réforme de l’orthographe. Sur ce thème, elle ne manque pas de souligner que, sans revenir “sur cette polémique”, elle trouve “facétieux qu’un pays en grande tension (la France, donc) ait consacré tant d’énergie à un tel sujet”.

Il aurait pourtant été intéressant que celle qui préside au destin éducatif de nos enfants, et qui gère le premier budget de l’État depuis maintenant plusieurs années, nous fasse un bref commentaire de la dictée dont la copie est proposée ci-dessous. Cette dictée, réalisée par un écolier de CM1, a été préparée plusieurs jours à l’avance. L’école dont il est issu n’est pas dans un quartier difficile mais dans un établissement scolaire de la France profonde. La classe dans laquelle il étudie n’est pas surchargée mais comporte un nombre très raisonnable d’enfants. Difficile, donc, de trouver la moindre excuse éventuellement due à des causes extérieures. D’autant plus qu’à l’exception de l’un d’entre eux, tous les élèves concernés par ce travail ont rendu une copie similaire, attestant de ce que les fondamentaux nécessaires à une scolarité “normale” sont loin d’être atteints.

N’en déplaise à notre ministre, et à ce pouvoir socialiste qui démonte avec constance notre Instruction publique depuis des années, les réformes mises en place sont autant d’échecs cinglants qui disqualifient peu à peu la majeure partie de nos enfants. Cette déroute éducative est, en réalité, le résultat d’années successives d’un laxisme sans précédent. Abandon de l’autorité de l’enseignant au profit de celle des syndicats et des associations de parents d’élèves. Méthodes pédagogiques ineptes qui privilégient l’amusement au travail. Renoncement à toute forme d’acquisition scolaire qui reposerait un tant soit peu sur les devoirs et sur l’utilisation du par-cœur. Valorisation de l’individu au préjudice du collectif, et du jeu par rapport au travail.

Voilà, certainement, quelques-unes des raisons qui expliquent la faillite de notre Éducation nationale, et les reculs successifs observés de notre pays dans les classements européens et mondiaux. Cinquième puissance économique mondiale, la France a, en effet, chuté à la 25e place au palmarès PISA (Programme for International Student Assessment) qui évalue, tous les trois ans, les résultats d’élèves de quinze ans partout dans le monde. Et les résultats, en mathématiques, ne sont pas plus brillants que ceux observés en orthographe !

Déclin économique, déclin politique, déclin sécuritaire, déclin scolaire, etc., il fallait bien un livre supplémentaire à la gloire de ce gouvernement qui a défait consciencieusement notre pays. Alors, plutôt que se repaître, au jour le jour, d’affaires politico-médiatiques sans intérêt, ne serait-il pas temps de revenir à un sujet plus important : l’avenir de nos enfants ?

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