Discours - Editoriaux - Politique - Religion - Société - 26 août 2016

Najat Vallaud-Belkacem face à ses contradictions

Il faut s’appeler pour s’affirmer à la fois contre le port du burkini et contre “la prolifération des arrêtés” municipaux l’interdisant ! Et être socialiste.

Face à Jean-Pierre Elkabbach, le 25 août sur BFM TV, elle n’avait pas l’air bien du tout, la ministre de l’Éducation nationale. Traits tirés, bouche serrée, sur ses gardes, voix doucereuse, au discours se voulant ferme très policé, la pauvre Najat n’en menait pas large. C’est qu’il en faut, de la force de persuasion, quand on se dit à la fois “musulmane par héritage” et “féministe” pour n’établir “aucun lien entre Daech et la tenue d’une femme sur la plage”. Il en faut, de l’aplomb, pour n’éprouver “aucune sympathie” à l’égard de l’inventeuse du maillot de bain islamique tout en osant se demander “jusqu’où [on va] pour vérifier qu’une tenue est conforme aux bonnes mœurs, cela libère la parole raciste”. Il en faut, du culot, pour affirmer que les inégalités homme/femme ne sont pas l’apanage de la seule religion musulmane. Et de parler de son “rêve d’une société” où les femmes seraient “libres et fières de leurs corps”. C’est beau comme une réunion Tupperware…

La vérité, c’est que l’incompatibilité de l’islam – politique, sexiste, séparatiste, hégémonique, sans-frontiériste – avec les fameuses valeurs – égalité, progressisme, antiracisme – prônées par un gouvernement socialiste qui en a plein la bouche explose à la figure des Français. La vérité, c’est que le Français déteste la vue de ces ignobles burkinis parce qu’ils affichent sans autre forme de procès le racisme à son endroit. La vérité, c’est que pour continuer de défendre un dogme obscurantiste aux antipodes d’une société moderne, il ne reste plus à Najat Belkacem, comme à ses compagnons de route politiques (en affirmant tout et son contraire), qu’à scinder son esprit en deux : une position parfaitement schizophrène.

François Hollande s’y est, d’ailleurs, mis aussi. Comment compte-t-il s’y prendre pour éradiquer de notre vue le burkini, le symbole politico-religieux de la soumission de la femme musulmane interdite de côtoyer des hommes non musulmans ? “Il faut que chacun se conforme aux règles et qu’il n’y ait ni provocation ni stigmatisation.” On est bien avancé ! En fait, pour Hollande, “ce qui est en cause avec la montée des populismes, c’est l’idée que nous nous faisons de la vie en commun et de la construction européenne”. C’est quoi, ce charabia, une valeur européenne, le burkini ? Et la burqa, qui prolifère malgré les lois en vigueur, le symbole du « vivre ensemblisme », lui aussi ?

Manuel Valls n’est pas en reste. Les forces de l’ordre doivent faire preuve de “discernement” : le voile n’a rien d’une revendication islamique, le burkini, si ! Trop fort, le Premier ministre ! Quant à Bernard Cazeneuve, égal à lui-même : il s’inquiète de « l’antagonisation » des Français les uns contre les autres…

Une loi anti burkini ? “Non, bien sûr que non”, s’offusque Najat Vallaud-Belkacem, ça risquerait “d’exclure” et “d’aggraver” la situation. Pas de bol, le Conseil d’État doit trancher. Mais ça changerait quoi, une énième loi, d’après vous ? On est bien d’accord…

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