Najat Vallaud-Belkacem, lors du dernier congrès de la FCPE, a comparé l’Education nationale à une « famille nombreuse ».
La FCPE, association de parents d’élèves de « gauche », secte fanatiquement pédago, celle même qui naguère préconisait des soviets dans les maternelles, uniquement composée de militants socialistes et libertaires, souvent enseignants, a ovationné sa Petite Mère avec un zèle que l’on avait presque oublié, depuis les riches heures du stalinisme triomphant.
Toutefois, prenons au mot l’image idyllique du ministre, bien qu’on pourrait objecter que les socialistes ne portent pas un amour immodéré à la famille traditionnelle, accusée de transmettre les monstruosités du passé, dont il faudrait faire table rase.

En effet, comme la société est perçue en maison qu’on « gère », et non comme un organisme parcouru de conflits, d’oppositions, de débats sévères, l’élevage des jeunes est conçu dans cette atmosphère protégée et gluante d’affectivité, qui fait automatiquement penser à une nursery. Le principe féminin y exerce une emprise quasi totalitaire : l’enfant y est perçu comme un être faible qu’il faut protéger contre la dure réalité, comme un blessé de la vie qu’il faut panser, comme un pauvre traumatisé par les peines et les douleurs de la vie, les notes, les sanctions, les « harcèlements » divers, l’autorité des adultes, l’effort, l’ennui, le travail, la discipline, etc., enfin, tout ce qui pourrait faire de lui un homme, un adulte courageux armé contre l’adversité.

La « famille », c’est, comme l’on sait, le lieu où l’on éduque, avant d’instruire, où l’on inculque des valeurs. On sent bien que cette grande fratrie que serait l’Education nationale a vocation à remplacer, dans ce domaine, la famille naturelle. Peillon n’a-t-il pas réclamé que l’ arrache les enfants à leurs racines ?
En vérité, ce que l’on veut, là où le principe féminin prévaut, où tout est enrobé d’une guimauve bienfaitrice, vecteur de « plaisir » accordé à gogo, comme le sucre qui empoisonnera le chien, là où on préfère caresser qu’apprendre les distances, les retardements de satisfaction, les difficultés que l’on s’inflige pour s’aguerrir, c’est que l’enfant reste un enfant. Ce néo-christianisme devenu délirant, qui imprègne la rhétorique maternelle du totalitarisme postmoderne, avoue crûment sa nature : il ne veut, à aucun prix, l’émancipation de l’être en devenir qu’est l’enfant. Il veut le maintenir dans une éternelle puérilité, propédeutique à la soumission du futur citoyen.

25 mai 2015

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