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Editoriaux - Politique - Table - 2 octobre 2015

Pour Nadine Morano, les soutiens venant de “la base” se multiplient

Au pays de la liberté d’expression, la spontanéité est déconseillée à celui qui rêve d’un avenir politique. Tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de l’ouvrir est vivement recommandé. L’intelligentsia bobo veille. Au moindre écart de langage, c’est le lynchage médiatique. Les coups viennent de partout, les plus virulents en provenance de sa propre famille.
 
L’univers politique est impitoyable. Tout est bon pour dézinguer un concurrent. Et après, comme toujours, lorsque les flèches acides retomberont, que l’imprudente Morano sera au sol, ils s’étonneront d’un dégoût grandissant envers une classe qui peine à se renouveler. Pour autant, ils poursuivront leur route comme si de rien n’était. Le retour de bâton populaire pourrait être pire pour cette prétendue élite qui voudrait nous réapprendre à parler le français, que toute vindicte alimentée par elle.
 
Pendant que des ténors parisiens s’acharnent contre l’imprudente Morano, rejoints par quelques notables locaux qui y voient une occasion de faire le buzz, sur la Toile s’organise un mouvement de soutien. Les messages en sa faveur sur Facebook sont nombreux. Plusieurs pétitions sont en ligne. À la manœuvre des citoyens, parmi eux des militants LR (Les Républicains), qui ne voient pas en quoi rappeler les origines du pays serait mal. Des femmes et des hommes en colère qui en ont ras le bol des manigances de partis. Des personnes qui n’ont jamais vu dans le mot “race” (oups, je l’ai dit. Va-t-on me clouer au pilori ?) une connotation désobligeante ou encore discriminatoire.
 
En mai 2013, n’y avait-il vraiment rien d’autre à faire à l’Assemblée que de discuter et d’adopter une proposition de loi du Front de gauche supprimant le mot “race” de la législation française ? À l’époque, dans les rangs de droite, beaucoup émettaient des doutes quant à la pertinence d’une telle décision, mais la votèrent de peur d’être traités de raciste. Le député Lionel Tardy, qui s’était prononcé clairement contre, dénonçait “une démarche qui aboutit aux idéologies totalitaires”. “On ouvre une boîte de Pandore.” “On ne change pas la réalité en changeant les mots.”  
 
Au pays de la liberté d’expression, les parlementaires gagneraient à réfléchir par deux fois aux conséquences des textes votés. Au fait, quel vocable de substitution doit être utilisé en lieu et place de “race”, sachant qu’ethnie est discutable ?
  
Au pays de la liberté d’expression, la langue de bois a de beaux jours devant elle !

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