Editoriaux - Politique - Société - Sport - 26 septembre 2017

Le mur autour de la tour Eiffel est une mesure inopérante et dangereuse

Début septembre se tenait une réunion publique sur le projet de sécurisation de la tour Eiffel : un budget de vingt millions d’euros est prévu pour déployer un mur pare-balles autour du monument.

À l’heure où le scénario d’un « véhicule fou » déboulant sur les quais avec, à son bord, quelques « kalachnikov folles » ne fait sourire personne, alors que la probabilité qu’un pique-nique sur le Champs-de-Mars soit bousculé par un « déséquilibré » professant à qui veut l’entendre qu’« Allah est plus grand » en menaçant d’occire le premier mécréant lui passant sous la main est loin d’être nulle, en un temps où la tuerie de masse est revendiquée comme mode d’expression politico-sectaire par des fanatiques mahométans, quelles sont donc les inquiétudes de cette foule qui vient se serrer dans les salons feutrés du 7e arrondissement ?

Les vibrations du chantier ne vont-elle pas impacter mon bâtiment ? Est-ce que des toilettes seront bien prévues pour que les touristes évitent d’uriner sous mes fenêtres ? Qui va laver les vitres ?

Les retraités aisés qui vivent aux alentours s’inquiètent de savoir si leur confort ne sera pas bousculé par les travaux anti-attentats.

Dans notre société du spectacle, rafales et caches d’explosifs restent du divertissement médiatique. La menace est théorique.

Shakespeare avait dit que la prospérité et la paix produisaient des couards… il a oublié des imbéciles !

En effet, que protégeons-nous ? Contre quel mode opératoire ?

Un périmètre d’un kilomètre incluant les pieds d’un pylône en fer. Il faut donc admettre que la foule des pique-niqueurs, le bal des péniches ou simplement les groupes de touristes passant des autocars à la queue de l’entrée de la zone pare-balles ne font pas partie des cibles potentielles à protéger.

Les terroristes sont également priés de ne pas attaquer le verre avec des explosifs ou simplement des munitions de kalachnikov (calibre 7,62 x 39 mm). En effet, le verre n’est pas prévu pour résister aux calibres supérieurs à du BR5 (norme EN1063), stipulé dans le cahier des charges.
Manque de chance, ce type de verre est dimensionné pour arrêter des balles de calibre 5,56 x 45 mm maximum.

Et même dans l’hypothèse où les terroristes se montreraient “obéissants” quant aux cibles choisies, et ne décideraient pas de tester le niveau de protection du verre… N’a-t-on pas déployé là une souricière ? Les accès à la zone seront, certes, filtrés par des agents et des portails de détection de masse métallique. Mais un groupe de djihadistes peut s’introduire dans la zone protégée et recevoir un sac de sport lancé par un complice par-dessus la parois de 3,24 m.

Quel mode d’intervention le GIGN préconise-t-il quand quatre “fous d’Allah” feront du “steak haché” derrière cette belle vitrine ?

Pour couronner le tout, l’architecte prévoit une durée de vie de dix ans pour ce mur.

Il est peu probable que la solution sécuritaire se soit améliorée d’ici là si la classe politique parisienne persiste dans de telles « mesures vitrines” (c’est le cas de le dire).

À l’heure où « frontière » est un si vilain mot dans le politiquement correct, il semble que ces vingt millions pourraient trouver meilleure utilisation.