Editoriaux - Histoire - Politique - Presse - Table - 5 juillet 2015

Munichois ou va-t-en-guerre ? Apaiser ou remilitariser ?

Dominique Jamet nous explique dans sa façon immanquablement élégante et stylée – pas de flagornerie de ma part, mais de l’admiration pour le journalisme de haute volée dont on voit peu l’équivalent dans la presse officielle – que le terrorisme djihadiste est un piège tendu par la barbarie à la civilisation, pour jouer sur nos émotions et nous faire sur-réagir afin que les banlieues qui sont comme l’huile sur le feu s’embrasent à la moindre occasion.

Ça tombe sous le sens, quand même le FN est en retrait dans sa critique de l’islam – au grand dam des identitaires -, prenant garde de différencier le bon grain musulman de l’ivraie islamiste ou en isolant le belliqueux Chauprade pour ne pas se voir accusé d’avoir armé la main de l’islamophobe qui, tôt ou tard, en viendra à faire un carton sur de braves mahométans, Daech ne demandant que ça !

Notre politique étrangère dépend désormais d’enjeux de politique intérieure : le maintien de la paix civile sur notre territoire et les calculs électoraux d’un PS aux abois. La France est sous l’emprise de l’Oumma des cités. Il ne faut pas désespérer Trappes et La Courneuve.

Depuis les émeutes de 2005, les banlieues afro-musulmanes pèsent sur l’inconscient collectif de toute une nation. Ajoutez-y la crétinerie de l’esprit Charlie et la manipulation du 11 janvier et vous vous retrouvez avec un front uni des « Noirs, Arabes et musulmans » qui doit réjouir Daech au-delà de toute espérance.

Notre situation de 2015 face à la peste islamiste a quelque chose de celle de Daladier et Chamberlain en 1938 face au national-socialisme. “Munichois” est passé à la postérité pour qualifier ce qui fut une tragique erreur d’appréciation : avoir acheté la paix à vil prix par excès de prudence en laissant Hitler dépecer la Bohème parce qu’on pensait que l’ogre en serait rassasié alors que ce n’était pour lui qu’un commencement. Cela se dit aussi : reculer pour mieux sauter.

Face à l’État islamique et à ses relais dans nos cités, faut-il jouer la montre ou se montrer intransigeant, jouer au Munichois précautionneux ou au militariste va-t-en-guerre, avec le risque de susciter l’embrasement généralisé ?

Il est facile de donner des leçons après coup. L’Histoire ne repasse pas les plats mais le dilemme est le même : apaiser ou tuer dans l’œuf le monstre naissant. Et à quel moment cesser d’atermoyer ? L’État islamique n’a pas encore la puissance de l’Allemagne de 1938 mais son rêve millénariste d’empire universel est le même et son développement aussi rapide.

Damas ou Bagdad tombés, ou toute autre nation arabe (Jordanie, Koweït et, pourquoi pas, Arabie aaoudite) par le biais d’un coup d’État, et il sera trop tard pour agir a minima. Plus on repousse le moment de la confrontation armée et plus difficile sera la tâche de les éliminer.

Nous n’avons pas d’autre choix que de nous préparer à l’inéluctable : une vraie guerre à l’ancienne. Il nous faudrait augmenter les crédits militaires, rétablir la conscription et remilitariser les esprits qui, après des décennies de guimauve émolliente à base d’humanitarisme et d’européanisme, ne sont pas préparés à un conflit armé à nos frontières et à la guerre civile.

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