Culture - Editoriaux - 27 novembre 2016

Muerte de Fidel : Castro rend un dernier service à Trump

Il y a deux millions de Cubains américains, concentrés dans le comté de Miami. Ils ont massivement voté pour Trump, contrant la stratégie démocrate de séduction du million ou plus de réfugiés économiques portoricains installés en Floride depuis la faillite des finances publiques du territoire (américain) de Porto Rico. Voilà pour le premier service des Cubains à Trump.

En mourant, Castro va rendre son dernier service, à condition que le Maïdan rampant orchestré contre le futur président Trump depuis trois semaines ne nuise pas à son élection du 19 décembre prochain, lorsque le collège électoral présidentiel se réunira pour désigner le futur président.

L’épouvantail Fidel ayant disparu, Trump poursuivra probablement, en négociant davantage, la récente “normalisation” entamée par Barack Obama. À la fois par instinct (la croissance économique d’abord !), voire par atavisme (l’hôtelier, en lui, a toujours été frustré de voir les Européens ramasser les fruits de leurs investissements touristiques à Cuba) et par stratégie (les Chinois et les Russes sont bien présents ici).

La réalité est que Cuba est un fruit à prendre.

À l’actif, le pays est connu pour son excellent taux d’alphabétisation comme de couverture médicale et, plus récemment, les réformes de Raúl Castro font que 90 % des Cubains possèdent leur domicile, ont le droit de le négocier, comme celui de créer de petites entreprises. Il y a fort à parier que les Cubains ne rêvent que d’une chose : fusionner avec la Floride…

Au passif, Cuba est en train de perdre son protecteur, le Venezuela. Le pays du « socialiste » Maduro est en grave crise financière et économique, donc mûr pour un « changement de régime ». Or, Cuba dépend des 100.000 barils quotidiens que lui livre l’ancienne puissance pétrolière.

Dubitatif, le site The Hill (“Trump cloud hangs over Cuba”, Melanie Zanona), relevait, le 25 novembre, quelques heures avant l’annonce du décès, que toutes les réformes Obama sur Cuba avaient été mises en œuvre par ordonnance présidentielle (executive order) et pouvaient être balayées par Trump d’un revers de plume : ainsi de la réouverture des postes diplomatiques, des voyages aériens, etc. Melanie Zanona s’inquiétait de la forte pression à attendre sur Trump des conservateurs du Congrès, tous tombés jeunes dans la marmite de la guerre froide.

Castro est mort dans la nuit de vendredi à samedi. Et, avec lui, cette fierté qui l’avait amené à défier dix présidents américains. Malgré les accords signés par Raúl, l’ancien élève des jésuites avait passé ses derniers mois à en rajouter quelques couches, alimentant l’hégémonie américaine de sa vindicte. Ainsi, prémonitoire, en avril 2016 :

Je vais avoir bientôt 90 ans… mais les idées du communisme cubain continueront d’être la preuve que, sur cette planète, celui qui travaille avec ferveur et dignité saura produire les biens matériels et culturels dont chaque être humain a besoin, et pour lequel chaque être humain devra se battre sans jamais renoncer (“Cuban Communist Icon Fidel Castro Dead at 90”, Breitbart News, 26 novembre).

Trump, ménageant chèvre néocon et chou économiste, a de son côté dénoncé samedi les années de dictature ineffaçables du dictateur, espérant, au nom de sa future administration, le retour à la prospérité et à la liberté pour le « merveilleux peuple cubain “.

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