, président bling-bling du Racing Club de Toulon, a déclaré sa flamme à un autre homme politique outrancier connu pour son amour de ce qui brille : le maire de Nice Christian Estrosi. À ses côtés figure notamment Dalil Boubakeur, ancien président du Conseil français du culte musulman et recteur de la Grande Mosquée de , qui s’est récemment fait remarquer par ses déclarations outrancières dans lesquelles il demandait le doublement du nombre de mosquées en France et la transformation d’églises en mosquées.

Que Mourad Boudjellal soit un président de club de rugby engagé dans la cité en faveur d’un parti politique est son droit le plus strict. En revanche, il n’a pas le droit de transformer le Top 14 en tribune personnelle pour conspuer un grand parti politique qu’il semble détester. Monsieur Boudjellal s’est déjà fait remarquer pour avoir diffusé un photomontage insultant Marine Le Pen avant un match au stade Mayol, ainsi que pour avoir annulé un match amical à Béziers après l’élection de Robert Ménard, prouvant par cette attitude infantile son désamour pour les valeurs démocratiques françaises.

Désormais, il n’hésite pas à déclarer dans les colonnes de Libération (21 octobre 2015) que “les seuls qui ont intérêt à voter Le Pen, ce sont les charcutiers”. Au-delà de l’indécent mépris de classe d’une telle déclaration, il s’agit d’une absurdité. En effet, les Français n’ont pas tous la chance d’avoir des comptes en banque aussi remplis que Mourad Boudjellal.

L’esprit Boudjellal appliqué au rugby donne un Top 14 qui ne lance plus de jeunes joueurs français, et se rapproche de plus en plus de ce qui se fait dans le football : inflation des salaires, fossé grandissant entre les gros clubs et les autres. Serait-ce le projet de société de monsieur Boudjellal : toujours plus pour les grandes fortunes comme la sienne, et toujours moins pour les artisans indépendants comme les charcutiers ? Ce n’est pas la vision des patriotes, toutes obédiences confondues. Peut-être est-ce d’ailleurs cela qui dérange le businessman de la rade.

Mourad Boudjellal fait partie de cette caste qui confond la politique et les journaux à sensation. On ne dirige pas une région comme on dirige un club de rugby. On ne peut pas vendre les élus qui nous dérangent comme on se débarrasse d’un joueur qui ne donne pas satisfaction à un président caractériel. Il apprendra vite qu’il n’est ni le maître du rugby français, ni celui des Toulonnais. Les gens sont assez grands pour décider par eux-mêmes pour qui voter, et surtout pourquoi. Tel Bernard Tapie en son temps, Mourad Boudjellal sortira aussi vite du jeu qu’il y est entré.

Alors, Monsieur Boudjellal, vous qui êtes issu de la culture de l’Ovalie, nous ne vous en voudrons pas d’être viril, mais tâchez de rester correct. Nous ne vous en demandons pas beaucoup, simplement un peu de respect. Un peu de respect pour les Français qui plébiscitent des partis dont vous ne partagez pas les convictions. Un peu de respect pour les amateurs de rugby qui aimeraient profiter du spectacle sans supporter vos outrances verbales.

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