Mort d’Éric Monroy : le meurtrier du policier a déjà bénéficié de 15 permissions de sortie

Face à la douleurs des victimes, l'Institut pour la Justice dénonce « l'inflation des droits des mis en cause ».
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C’était le 12 août 2020. Gérald Darmanin, alors jeune ministre de l’Intérieur, remettait à titre posthume la Légion d’honneur au brigadier de police Éric Monroy, décédé une semaine plus tôt, au Mans, dans l’exercice de ses fonctions, après avoir été traîné sur plusieurs centaines de mètres par un chauffard ivre, endormi au volant de sa voiture.

Les promesses de Darmanin...

Reconnu coupable, en 2023, de « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur une personne dépositaire de l’autorité publique », Charlie Fajole était condamné à 12 ans de réclusion criminelle, contre les 15 années requises par l’avocat général.

Lors de la cérémonie d’hommage au policier décédé, le ministre avait martelé son soutien indéfectible à la police, « sous les lazzis et sous les coups ». « Nous ne céderons rien aux pressions venues de ceux qui n’ont pour projet que le relativisme et la fin d’une certaine idée de la République et de la France », avait-il déclaré solennellement, après la minute de silence qui devait consacrer l’entrée du brigadier dans la communauté des figures héroïques de la France.

...vite oubliées

Triste ironie du sort, c’est alors que Gérald Darmanin occupe, aujourd’hui, le poste de ministre de la Justice que la famille d’Éric Monroy voit son meurtrier bénéficier de permissions de sortie, alors même qu’il n’a effectué, à ce jour, que la moitié de sa peine. Peine qui pourrait, par ailleurs, prendre fin dès 2029 grâce au système de remises de peine. Depuis 2025, le détenu a pu profiter de quinze sorties, principalement au titre du maintien des liens familiaux. Lors de la dernière, qui s’est étendue sur dix jours passés auprès de sa famille, des vidéos des vacances de Charlie Fajole ont circulé sur les réseaux sociaux où l’on pouvait notamment le voir profiter d’une sortie dans un parc aquatique.

« Je ne sais pas si on se rend compte de l’ignominie de la chose. » Pour Laurence Monroy, qui témoigne au micro de CNews, le « choc » est rude. « Nous, on pleure Éric tous les jours », déplorait, samedi, la veuve, devant les images des vacances du meurtrier. Une douleur partagée par sa fille de 11 ans : « Les juges devraient penser aux enfants, à la famille qui subissent tous les jours la mort. Les juges ne comprennent pas ça », sanglotait la fillette, à l’antenne.

Les victimes, grandes oubliées de l’équation

Cette solitude que partagent de nombreuses familles de victimes face aux décisions des juges de l’application des peines, l’Institut pour la justice l’a bien identifiée. « On a une inflation des droits des mis en cause qui n’est pas suivie par une inflation des droits des victimes », analyse, auprès de Boulevard Voltaire Pierre-Marie Sève, directeur de l'Institut qui milite pour une réforme du système judiciaire français.

Depuis les années 1950, la philosophie pénale née du mouvement de la défense sociale nouvelle a placé la réinsertion du délinquant au cœur de son action, au détriment de la rétribution ou de la punition. « On a basculé vers une protection perpétuellement croissante des droits du mis en cause et du condamné », rappelle le juriste, qui plaide pour que les victimes soient remises au centre des procédures judiciaires.

À l’Institut pour la justice, on milite en effet pour qu’à chaque évaluation d’une permission de sortie, les victimes soient invitées à présenter leurs observations au juge de l’application des peines, pour que ce dernier les prenne en compte au moment de rendre son verdict.

Car avec la mort d’une victime, c’est la « perpétuité » que purgent les familles, rappelle le syndicat de police Alliance, qui a apporté son soutien à celle d’Éric Monroy.

Certains proches de policiers décédés dans le cadre de leurs fonctions craignent même de connaître à leur tour ces situations, comme la veuve d'Éric Comyn, Harmonie Comyn, qui affirme, auprès de CNews, ne pas douter de voir la même chose arriver à sa famille. « On sait, aujourd'hui, que la prison ne sert à rien », déplorait, ce week-end, l'épouse du policier mort en 2024 suite à un refus d'obtempérer par un Cap-Verdien. Un cri de défiance envers la Justice mais aussi un appel à ne pas renoncer à témoigner que lance la veuve du policier aux familles de victimes pour continuer de faire entendre leur voix.

Vos commentaires

43 commentaires

  1. Pourquoi fait on un procès avec une peine approuvée par un jury populaire et que quelques temps après un « gugus » non élu , décide d’aller à l’encontre de la décision populaire et qu’il ne soit en aucun cas remis en cause et qu’il n’ai aucun compte à rendre ??? A revoir et vite !!

  2. La justice de la République est rendue au nom du peuple français.
    On voit bien que dans « justice », « République » et « peuple français » il y a un intrus.
    Le problème c’est que tout le monde n’est pas d’accord pour dire lequel. La classe dirigeante a fait son choix, nous devrions faire le nôtre.

  3. Un beau pays votre France ! on peus tuer, violet, pillet on ne rique RIEN : belle justice , vous serais condanné a un an de prison FERME mais avec SURSSIS ! bien non ???? Au USA ce serais 25 ans de detention ferme….

  4. L’inadmissible est devenu la règle de cet Etat permissif qui ose « gouverner » au nom de la France.
    Et que dire du JAP? Non, je m’abstiendrai pour rester « dans les clous ».

  5. Il y a des juges d’application des peines qui parfois nous font de la peine, comment comprendre certaines de leurs décisions en toute irresponsabilité.

  6. Les prisons francaises : logés, nourris, éclairés, chauffés, soignés (mieux que dans les EHPAD, aux frais de Nicolas), distraits (télévisions, tablettes, organisation de course de karts, matchs de foot avec les gardiens, ballades à la mer, visites au château de Versailles, on ferme même les yeux sur les possessions de smartphones), les assassins bénéficient aussi de permissions de sortie pour aller passer des vacances en famille et visiter des parcs aquatiques… On comprend que les truands se moquent de la prison.

  7. « Justice » pourrie qui n’a que le nom pour incarner une institution chargée de faire appliquer la loi , mais qui en fait a peur de sa fonction et est prete à toutes les compromissions avec les délinquants et avec les criminels pour acheter la paix sociale, à n’importe quel prix , même au prix de la mort des citoyens !

  8. Tant que nous n’aurons comme dirigeants que des bonimenteurs, il ne sert à rien de se lamenter. J’adresse tout mon soutien à l’ensemble des victimes qui constatent impuissants que notre pays marche sur la tête et invite tous ceux qui se refusent à le comprendre qu’il est plus que temps de saisir la moindre opportunité pour renverser la table.

  9. Quand je dis que le français est soumis et sans courage dans sa majorité, la preuve en est bien lå, car c’est ceux qu’il élit qui promeuvent et approuvent ces dévoiements par des juges des assassins , et particulièrement assassins de policiers.

  10. Inutile de rappeler le mantra de la belle gauche « l’homme est bon par nature c’est la société qui le rend mauvais ». À partir de ça, tout est possible.

  11. Oui c’est une honte totale et je pense à cette famille qui voit ces informations, et d’autres familles de policiers assassinés
    Comment ne pas être en colère ? Ils ont des permissions pour rester en lien avec leur famille mais pense t on aux familles détruites, de ce père qui ne reviendra plus ?
    J’ai peur être mal lu mais qui décide de ces « permissions  » ? Le juge ou le directeur de la prison ?
    Quand ce ne sont pas des sorties éducatives où certain en profitent pour se faire la belle……
    Dans ce pays on se préoccupe davantage du bien être de ceux qui ont commis le pire que des familles, cette inversion des valeurs m’est insupportable et doit cesser

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