Difficile de se faire une opinion sur les péripéties algériennes d'Arnaud Montebourg. L'homme est allé pérégriner sur la terre de ses ancêtres comme une sorte d'hommage. "C'était un Arabe, j'en suis très fier", dit-il, parlant de son grand-père, successivement combattant français et algérien. Comme quoi le personnel rejoint assez souvent le politique, car il ajoute qu'"un tiers des Français a un grand-père étranger". Bien évidemment, c'est l'excuse d' pour se poser en défenseur des minorités du Maghreb, en allant faire un tour « au bled » pour se donner un semblant de légitimité (ou bien est-ce de crédibilité ?). Il cible très clairement l'électorat musulman comme un vulgaire maire de construit une mosquée salafiste par clientélisme.

Pour l'accompagner, le pied-noir Guy Bedos, sans doute censé être le trait d'union entre les anciens du FLN et les colonialistes que nous sommes. Ce n'est plus « la valise ou le cercueil », pourtant. Les accords d’Évian n'ont pas fait cesser le sang à Alger et un petit peu de mémoire et d'orgueil, dans ce genre de situation, inciterait à réfléchir à deux fois avant d'aller serrer les mains des bourreaux.

Dans notre pays, avoir des origines étrangères est une garantie de tolérance et, forcément, une manne électorale intéressante : en effet, vous avez une ouverture au monde et une richesse que le petit Blanc né honteusement de parents français (et bien français) n'a pas. Pourtant, Montebourg ressemble plus aux types de la seconde catégorie que de la première : sa stratégie est simple : reprendre à son compte tous les discours communautaires que l'on entend depuis trente ans en y ajoutant son charme tout maghrébin issu de cet héritage qu'il revendique.

Selon les proches de M. Montebourg, cette visite doit lui permettre de réaffirmer l’importance d’un partenariat solide entre la et les pays du Maghreb. Lorsqu’il était à Bercy, le ministre de l’Économie expliquait que la Méditerranée devait être à l’Hexagone ce que les pays de l’Est sont à l’Allemagne : un « hinterland » qui permette de fabriquer à bas coût les produits trop chers à faire en Europe,

nous révèle Le Monde...

Outre le mépris bourgeois du journal pour ces pauvres pays de l'Est juste bons à produire "pas cher" pour l'Allemagne (tellement insignifiants que l'on pourrait croire qu'ils ne sont même pas dans l'Europe selon, lui), l'avenir du Maghreb, selon les proches de Montebourg, est de faire le tapin pour l'Union européenne, de graviter autour d'elle pour que ses petits-enfants aient leurs cadeaux pas chers. Si je suis Algérien, et indépendant, je refuse en bloc la venue d'un type qui vient me proposer l'asservissement de mon pays pour fabriquer des chaussures aux « roumis » et participer à la grande chaîne de la mondialisation : c'est l'histoire de la vie !

Montebourg en Algérie ? Du clientélisme national avec deux ou trois sorties sur la richesse du métissage. Rien de bien nouveau sous le soleil de Bab El Oued !

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11 décembre 2016

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