La fête de la Gastronomie, qui se déroulera le week-end prochain, existe depuis 2011, voulant être à l’équinoxe d’automne ce que la fête de la Musique est au solstice d’été. Hélas, contrairement au succès de cette dernière célébration, la fête de la Gastronomie demeure confidentielle, malgré le nombre de manifestations organisées ici ou là, à travers l’Hexagone. Il est vrai qu’elle avait été lancée un peu à l’arrache en 2011 par l’obscur secrétaire d’État Frédéric Lefebvre, et reprise sous Hollande par la tout aussi lumineuse Sylvia Pinel, ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme qui vient de passer le flambeau à l’illustrissime Carole Delga... N’est pas Jack Lang qui veut !

Si cette fête de la Gastronomie n’était pas phagocytée par le gouvernement (le parrain, cette année, en est le chef des cuisines de l’Élysée…), voilà l’exemple même d’une vraie bonne idée qui, traditionnellement, unit les Français au moment du repas et les réconcilie avec leur culinaire. Avec un nom moins pompeux, fête de la Cuisine par exemple, elle pourrait même devenir une véritable occasion de rencontrer et de mieux connaître ce que l’on appelle les « métiers de bouche » — il n’y a pas que les restaurants — qui génèrent près d’un million d’emplois.

Ainsi, les maîtres-restaurateurs vous ouvriront leurs portes ce week-end pour un apéritif convivial au sein de leur maison, alors que l’opération « Tous au restaurant » invitera, dans les 723 établissements participant, votre invité à être l’hôte de la maison, en lui offrant le repas. Partout en auront lieu des événements, des ateliers et des animations autour des plaisirs de la table.

À cette occasion sortira également un livre- à Paul Bocuse, « Monsieur Paul et les autres », un grand monsieur qui, à 88 ans, demeure le « pape » incontesté de la cuisine française, le chef le plus connu au monde dont l’ex-guinguette des rives de la Saône est devenue un temple historique de la gastronomie, visité par les Japonais comme le mont Saint-Michel, le Louvre ou les châteaux de la Loire… Certes, même sans sushis ou soupe aux truffes VGE, l’Auberge de Collonges aux monts d’Or n’est pas, à proprement parler, une table pour temps de crise. Malgré son addition salée, « Monsieur Paul », lui, ne se la pète pas... Pas comme Alain Ducasse qui, pour célébrer l’ouverture de son nouveau restaurant au Plazza Athénée, annonce un menu unique à 380 euros ! Au fait, la carte ne précise pas si l’établissement participe à l’opération « Tous au restaurant ».

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25 septembre 2014

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