Editoriaux - Histoire - Politique - Sciences - 16 novembre 2015

Est-ce le moment de partir en croisade ?

Hollande a annoncé que la France serait impitoyable contre cet acte de guerre. Et Sarkozy d’ajouter que cette guerre doit être totale. Est-ce à dire que la chrétienté doit partir en guerre, et le pape François prêcher la croisade ?

Non, je ne le crois pas. Pour une simple et bonne raison, que le Christ lui-même nous donne dans la parabole du roi prudent : quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi et qui ne commence pas par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui vient l’attaquer avec vingt mille ?

Et de conclure, afin de nous montrer ce que coûte le combat pour le bien : de même, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. Avant de prêcher la croisade, il faudrait donc que les peuples chrétiens osent porter l’étendard de la croix, ou du moins le regarder en face.

Avant de partir en guerre, il faut nous asseoir et considérer quelques-unes de nos trahisons et de nos illusions hédonistes :

Nos pays ont depuis longtemps renié leurs racines chrétiennes, ils ont rejeté la croix qui les avait formés, façonnés, au nom des mensonges libertaires et libéraux de la Révolution. Ils ont préféré les droits de l’homme aux droits de Dieu, ils ont chassé du domaine public Celui qui sauve les bons et, aussi, punit les méchants, dans l’éternité.

Nos théologiens, nos pasteurs et prédicateurs, au lieu de défendre la foi chrétienne au nom de la vérité, de chercher à convaincre les consciences par leurs arguments et par leurs exemples, ne se fatiguent plus que pour justifier l’homosexualité ou l’infidélité, et pour prêcher une absurde tolérance envers toutes sortes de médiocrités. Pire : ils ont rabaissé de toutes leurs forces les choses les plus sacrées jusqu’au plus pauvre humanisme, pitoyable et risible.

Quant aux politiques, loin de chérir le bien commun et la paix de leurs fils, ils ont vendu leurs intérêts au service, entre autres, d’un multiculturalisme visant à l’indifférentisme religieux.

La capitale qui “porte la bannière de la croix en Europe” n’est-elle pas devenue, selon les mots des barbares eux-mêmes, la capitale des abominations et des perversions : qui y est encore capable de se sacrifier pour la vertu, pour l’honneur, pour la patrie, de renoncer à son confort individualiste, à ses lâchetés, à ses idéaux corrompus ?

Le mal a frappé alors qu’au Bataclan on chantait une hymne au démon (“Kiss the Devil”) : les minutes de silence ne suffiront pas à faire taire les armes ennemies car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang mais contre les princes de ce monde de ténèbres.

Alors, avant de partir en guerre, tournons-nous d’abord vers notre sol, nos ancêtres, nos serments, vers les sources les plus nobles de notre histoire. C’est la victoire qui est en jeu. Tournons-nous surtout vers le Ciel : pour entendre l’Évangile nous dire “Lève-toi et marche”, il faudra d’abord savoir écouter “France, souviens-toi des promesses de ton baptême !”

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