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Sur France 2, samedi soir, confronté aux propos oiseux d’une Nadine Morano qui s’égara en faisant siens – sans avoir la carrure de leur auteur – les propos provocateurs prononcés par de Gaulle sur « la France, pays de race blanche », répondit à la députée qu’« un jour, la France pourra être musulmane et c’est comme ça, ce sera le mouvement de l’Histoire », prônant même « une laïcité de l’indifférence ». En l’écoutant, on pensait, nauséeux, au Laval de 1942, souhaitant « la victoire de l’Allemagne ».

Moix n’a pas compris qu’il était un collabo. Comme un Bourguignon du XVe siècle faisant le jeu de l’Anglais ou un pétainiste rallié au IIIe Reich, il se soumet à la pression des faits, non à la transcendance des valeurs au nom desquelles Jeanne d’Arc ou de Gaulle dirent « non ». L’extraordinaire nihilisme d’un Moix qui n’a pas perçu le lien consubstantiel unissant laïcité et valeurs chrétiennes s’inscrit dans la logique d’une tradition intellectuelle française anémiée, stade ultime d’un socialisme producteur de personnalités ectoplasmiques, très « houellebecquiennes ».

Yann croit défendre les droits de l’homme ; il n’a pas compris – idiot utile des forces sombres qui le manipulent – que l’axe de gravité des luttes intellectuelles a déjà basculé et que, par renversement des polarités idéologiques, il est du mauvais côté. L’ est un système civilisationnel conquérant. Accepter la perspective de l’islamisation, c’est déjà se soumettre à la charia. Résister, c’est la rejeter, comme dire « non » en 1940, c’était refuser l’idéologie de Mein Kampf.

Ayant bien assimilé le catéchisme des défaitistes, lequel cache mal la réalité spirituelle de quinze siècles d’histoire française, Moix ajouta qu’« il n’y a pas de France éternelle, c’est une invention du XIXe siècle ! », oubliant que l’idéal de « République universelle », duquel procède son discours, n’a jamais été concrétisé, sauf par le sang versé des victimes de ceux qui ont cru en jeter les bases internationalistes, de Robespierre à Pol Pot… et Mahomet rêvant Oumma.

Les délires de Moix seraient sans gravité s’ils ne semaient l’ivraie dans l’esprit de millions de gens mal informés. Les Inrockuptibles ne virent un jour en lui qu’un « arnaqueur » avec « ces articles vains, écrits en cinq minutes, mais qui paraissent déguisés en livres ». Yann Moix semble vouloir se faire pardonner les erreurs d’une pro-palestinienne : signature d’une pétition aux côtés de Robert Faurisson ; préface de Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme, de Paul-Éric Blanrue.

Dans Moix, l’ego du petit Yann se recherche plus qu’il ne sert la vérité. À l’image des cocaïnomanes, ce garçon n’accepte pas ses limites et se projette dans la novlangue de bois qu’il manie si bien. Comme le lui a dit Onfray, « la pensée, ce n’est pas pour vous ! ». Pour s’éviter un destin à la Brasillach, peut-être pourrait-il revenir à ses amours pour Cloclo, qui lui valurent du succès avec Podium ?

28 septembre 2015

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