a organisé, le 13 décembre 2016, une journée de travail sur la mixité sociale et scolaire au collège. Dans son discours, elle a rappelé que “63 % de collégiens d’origine sociale défavorisée [étaient] scolarisés dans 10 % seulement des collèges”. D’où, dans ces établissements, des résultats en baisse, un taux d’échec largement supérieur à la moyenne, des conditions de travail et d’enseignement détériorées. S’agirait-il de diluer ces défauts dans tous les collèges ?

“La mixité sociale, selon le ministre, améliore le niveau des élèves les plus fragiles, sans tirer les autres vers le bas.” Pas de “perdant” ! D’où cette politique de “déghettoïsation”, en adaptant les secteurs de recrutement, en faisant évoluer l’offre éducative ou en imaginant de nouveaux équilibres à l’occasion d’ouverture ou de création d’établissements. En gros, il s’agit de modifier la composition sociale et scolaire des établissements.

Admettons la bonne foi du ministre : un peu de mixité sociale pourrait être bénéfique aux élèves, qui ne se retrouveraient plus exclusivement entre eux. En revanche, affirmer que cela améliorerait le niveau de l’ensemble tient de la mystification.

S’il existe des collèges ghettos, c’est parce qu’il existe des quartiers ghettos. C’est donc, au départ, la politique de la ville qui est en question. Redessiner les secteurs, quitte à éloigner certains élèves de leur établissement, c’est contraindre des familles à mettre leurs enfants dans des collèges qu’elles n’ont pas choisis, souvent à une grande distance de leur domicile. D’où des résistances et des protestations compréhensibles.

Cela rappelle l’expérience du “busing” aux États-Unis, aujourd’hui pratiquement abandonné : les familles se tournaient vers les écoles privées ou déménageaient. De même, en France, elles pratiqueront, si elles en ont les moyens, des stratégies de fuite : enseignement privé, changement de domicile, etc.

La seule méthode imparable pour parfaire l’égalité consisterait à enlever les enfants à leur , dès leur plus jeune âge, pour les éduquer de manière uniforme. On pourrait enfin “arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, , intellectuel, pour après faire un choix”, comme le souhaitait . Mais on peut craindre qu’on n’ait choisi pour lui : l’égalitarisme poussé à l’extrême conduit à une forme de totalitarisme.

La solution raisonnable serait de rendre vraiment attractifs les collèges « difficiles ». Y proposer, par exemple, des langues anciennes, des sections européennes, des sections bilangues… ce que la a, précisément, supprimé. Multiplier, aussi, les internats d’excellence, créés – horreur ! – par . Admettre, enfin, que tous les élèves n’ont pas les mêmes capacités et prendre des mesures structurelles pour tenir compte de ces différences.

Impossible dans l’air du temps : il faut veiller non seulement à la mixité sociale, mais aussi à la mixité scolaire, au sein d’une même classe ! L’hétérogénéité complète est un dogme sur lequel on ne transige pas. Résultat : les meilleurs s’ennuient, les médiocres peinent, les perturbateurs jouent aux caïds.

Le syndrome de Procuste continue d’exercer ses ravages. L’enseignement devrait à la fois assurer la promotion de tous et permettre à chacun d’atteindre l’excellence, en fonction de ses capacités et de ses efforts. Au lieu de cela, pour lutter contre la “reproduction sociale”, on nivelle, empêchant les élèves méritants – issus des milieux les moins favorisés – de s’en sortir. On rejette la méritocratie pour installer la médiocratie. Paradoxalement, on favorise les “héritiers”.

15 décembre 2016

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