Obama 13 - Poutine 8. C’est le score du match qui s’est tenu entre atlantistes effrénés et tous les autres (souverainistes, gaullistes, non alignés…) à l’Assemblée nationale jeudi dernier, 17 septembre. Avec les quatre abstentionnistes et non-votants, ils sont 25 députés sur les 577 que compte l’Assemblée nationale (moins de 5 %) à avoir pris part au vote qui devait approuver ou non l’accord entre France et Russie sur l’annulation de la vente des frégates Mistral.

Un milliard d’euros ; les relations de la France avec la Russie, pays le plus grand, le plus peuplé et le plus puissant d’Europe ; la parole de la France, la fiabilité et la crédibilité de l’engagement d’un français ; l’indépendance vis-à-vis de l’OTAN… Bagatelles pour nos députés, sans doute plus intéressés par des joutes parlementaires superficielles et médiatiques que par des engagements stratégiques pour la France. Bagatelles pour nos députés candidats aux régionales, tout occupés à courir d’élection en élection sans jamais prendre le temps d’analyser calmement, froidement et, pourquoi pas – soyons fous ! —, sagement les problématiques de fonds qui conditionnent l’avenir de la France, de l’Europe et du monde.

On est donc passé, dans cette affaire des Mistral, de la soumission au diktat atlantiste à la lâcheté de nos (ir)responsables politiques qui refusent de regarder cette réalité qui les dérange.

Revenons à cette vente des Mistral. Scellée le 25 janvier 2011 dans le cadre d’un accord intergouvernemental entre France et Russie. En juin 2014, Barack Obama demande à la France de renoncer à cette vente. L’ensemble des « partenaires » européens soutient la demande américaine. La Russie exige, au contraire, que la France honore son contrat. Le français suspend ensuite la vente puis, après plusieurs mois de tergiversations, l’annule et finit par négocier les conditions de sortie qui étaient soumises à l’Assemblée jeudi.

Jeudi dernier, la séance était dirigée par David Habib, député des Pyrénées-Atlantiques, second vice-président de l’Assemblée nationale, membre du groupe d'amitié France-Israël, un des cinq députés de gauche en France qui se sont abstenus lors du vote du 2 décembre 2014 sur la résolution pour la reconnaissance d'un État palestinien. Sans doute un observateur indépendant.

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a défendu un accord négocié "en pleine indépendance" et "dans un esprit de responsabilité". On le croit sur parole…

Parmi les rares présents, les députés socialistes, écologistes et radicaux de gauche ont voté pour, l'UDI s'est abstenue, les Républicains, le Front de gauche et l'extrême droite ont voté contre.

Face à seulement treize voix pour l’accord, la droite a certainement laissé passer l'occasion d’un « coup » parlementaire fumeux. Les plus virulents crieront au scandale, tandis que les bienveillants mettront cet abandon au compte d’un oubli ou d’une manœuvre habile de la majorité socialiste.

Quoi qu’il en soit, le texte sera soumis au Sénat, où la droite est majoritaire, le 30 septembre. Les sénateurs, qui sont censés être trop sages pour s’intéresser à l’immédiateté des joutes médiatiques et trop vieux pour être candidats aux régionales, devraient être présents, rejeter l’accord et le renvoyer devant l’Assemblée nationale. À moins que tout ce jeu démocratique ne soit qu’une simple mascarade ? À suivre…

21 septembre 2015

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