Dans ces mêmes “colonnes”, il y a une semaine, à propos de l’extension des opérations françaises en , je rappelais les forces aériennes réellement présentes et engagées dans les opérations contre . Ce qui me valut quelques commentaires acerbes sur un post-esprit de corps chauvin et exacerbé.

Cependant, suite au débat à l’Assemblée nationale de ce mardi consacré à ce sujet, les mêmes chaînes de télévision, et en particulier 2 lors du JT, ont de nouveau illustré les commentaires avec des videos de l’aéronavale en action. À ce point de répétition objectivement erronée, j’écarte les tribulations de documentalistes fébriles stressés par des présentateurs dans l’urgence. Je penche désormais pour deux autres hypothèses. Soit il s’agit d’une délibérée pour bien marquer l’opinion avec des séquences d’une armada qui impressionne à l’instar des déploiements américains, soit le SIRPA Marine (Service d’information et de relations publiques de la marine) est beaucoup plus influent et efficient que son homologue air…

Quoi qu’il en soit, l’engagement des forces aériennes sur le territoire syrien pose de nouvelles et nombreuses questions.

Tout d’abord sur les capacités réelles. Selon les informations officielles, seuls les 12 chasseurs et l’Atlantique 2 (de la Marine, oui !) opérant déjà sur le territoire irakien seront désormais employés pour les nouvelles missions. Donc au détriment des précédentes – déjà fort modestes (5 %) au regard de toutes celles effectuées jusqu’alors par la coalition.

Certes, il a été pris en compte en haut lieu que le centre de gravité de Daech se déplaçait vers la Syrie, ce qui concède de la logique à sa décision. Mais les raisons et l’échelonnement des opérations laissent un peu pantois. Les missions de renseignement d’ores et déjà lancées doivent permettre à la France de repérer et désigner des objectifs précis qui l’intéressent. Ce qui surprend le plus est le prétendu recueil d’écoutes téléphoniques des , en particulier francophones, avec des Rafale. Je sais, et on l’a assez proclamé auprès de tous les clients potentiels, cet avion polyvalent sait tout faire ! Mais sûrement pas recueillir et exploiter des données aussi fugaces et ténues en survolant une zone à la vitesse de 15 km par minute !

En revanche, localiser avec les moyens de reconnaissance embarqués existants les lieux, concentrations, dépôts et déploiements des différentes fractions antagonistes sur le terrain permettra de préciser la réalité d’un puzzle complexe, réservée à ce jour aux pays engagés, et principalement à notre « allié » américain pratiquant la rétention d’information.

Mais ce soudain changement de stratégie de ne serait-il pas, à l’instar de la bombardant les enclaves kurdes sous l’alibi de la guerre contre Daech, de « traiter » les positions de le maudit sous la même bannière antiterroriste ?

16 septembre 2015

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