« Mesdames et messieurs, ceci est un ! Veuillez mettre les mains en l’air et ne plus bouger de votre siège. »

Dans l’avion sans pilote qu’est devenue la , il se passe de drôles de choses.

Les passagers ont assisté, médusés, vendredi matin, via le petit écran de leur télévision ou de leur iPad, à un phénomène étonnant : la multiplication des mains. Ils ont vu un hémicycle à moitié vide, et pourtant, on leur annonce qu’en trois secondes chrono on a comptabilisé (sur une majorité nécessaire de 168 voix sur 336) 171 voix pour et 165 contre !

Un hold-up de voix prend moins de temps qu’un hold-up de bijoux ou de coffre-fort. Les otages sont aussitôt libérés et les « ouf » de soulagement presque audibles.

C’est que, dehors, des troupes nombreuses, des milliers de jeunes gens déterminés sont là, venus soutenir les opposants au projet de loi.

Et s’ils forçaient le passage, comme à l’Étoile le 24 mars, avant que la collecte des voix n’ait eu lieu ?

Donc, mesdames et messieurs, faites vite, délestez-vous de votre voix dans la corbeille que vous tend le gouvernement et vous serez libres de sortir par une porte aussi dérobée que l’a été votre consentement.

Après, vous pourrez refiler le bébé à l’Assemblée nationale.

Elle s’en occupera dès mercredi, jour des enfants. Ce sera le 24 avril et ouf, tout sera ficelé. Et le bébé jeté avec l’eau du bain dans la grande mare des bébés nageurs sans père ou sans mère avant le terrible mois de mai !

Car ce mois de mai, d’habitude confit en la dévotion de Marie pour ces cathos naguère si calmes mais aujourd’hui en furie, ce mois de mai d’habitude plutôt joyeusement dansé sur ses multiples ponts, risque fort, cette année, de se transformer en happening permanent.

Il sera, en effet, nécessairement une suite de fâcheuses réactivations mémorielles, avec un Front de et des syndicats défilant le 1er mai, un Front de manifestant le 5 mai, la célébration sans doute mouvementée de l’ de l’avènement du Président normal le 6. Sans compter la fête de Jeanne d’Arc le 11, et la manif du 26, détournée de son but initial par la rapidité de la procédure mais qui pourrait bien avoir lieu quand même au train où va le Printemps français.

Ouf donc ! Mission accomplie avant la date fatidique, en onze mois et 18 jours chrono.

Évitant les terribles pièges de la droite de Dieu, la gauche française a enfin pu rendre un service signalé à l’humanité tout entière. Elle a redressé, par la seule vertu de ses petits poings levés, la méchante nature ultra-répressive, pour ne pas dire fascisante, et un Dieu distrait, ou mal intentionné.

En effet, tous deux avaient omis de prévoir un mécanisme de fécondation spécifique aux humains de même sexe qui désirent ne faire l’amour qu’entre eux, et non avec leurs congénères de sexe différent pour lesquels ils nourrissent une mystérieuse aversion.

Mais ce tour de passe-passe ne s’est pas fait sans magie.

Même s’ils avaient les deux bras levés, comment a-t-on pu compter 171 « oui », et 165 « non » avec le nombre de sénateurs présents ?

Une seule explication : la « main invisible », celle qui régulait le marché du temps d’Adam Smith – avant que Marx ne s’en mêle -, est de retour, et commence une nouvelle carrière, politique celle-là !

17 avril 2013

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