La courtoisie consistant à ne pas s’immiscer avec trop d’insistance dans les campagnes électorales des pays voisins a ses limites. Celles-ci sont abondamment franchies lorsque l’heure est à la panique. Et, pour le camp du bien, il y a de quoi perdre son calme : a été élu à la surprise (quasi) générale, le Brexit a provoqué le même émoi et Marine Le Pen patiente dans l’antichambre du pouvoir.
 
Il n’en fallait pas plus pour que le ministre des Affaires étrangères belge, (MR, droite libérale réformatrice), entre en campagne. Le dinosaure de la politique belge a ainsi appelé les électeurs français, notamment ceux qui vivent en , à ne pas voter pour Marine Le Pen lors de la prochaine élection présidentielle. Il l’a fait savoir au cours d’une conférence de presse tenue conjointement avec son homologue polonais, Witold Waszczykowski, lors d’une récente visite en .
 
S’il estime peu probables les chances de la candidate du Front national d’être élue, il n’en demeure pas moins prudent, tel le chat échaudé craignant l’eau froide : “Concernant la France, il y a beaucoup de Français en Belgique. Ce qui est évident, c’est que le message qu’on leur fait passer, c’est de ne pas soutenir un parti d’extrême droite. Ça, c’est un message que l’on n’a aucun problème à faire passer, quel que soit le pays dans lequel on se trouve.”
 
Après l’élection de Donald Trump, le ministre des Affaires étrangères belge avait appelé l’ à “se protéger de la vague populiste” qui ne manquerait pas de déferler. Après l’accession à la présidence autrichienne de l’écologiste Alexander Van der Bellen, au détriment du patriote Nobert Hofer, il avait déclaré que c’était “plutôt une bonne nouvelle pour le projet européen de voir que les idées aussi extrêmes et de remise en cause européenne ne séduisent pas une majorité d’Autrichiens”.
 
Cette fois-ci, Didier Reynders prend les devants en s’immisçant dans les affaires d’un pays étranger dès la campagne électorale. On doute, pourtant, que sa voix porte bien loin et parvienne à convaincre les Français hésitants.
 
Sans surprise, la plupart des responsables du parti auquel appartient Didier Reynders, pourtant censé être de droite, ont apporté leur soutien à… .

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