Ministère de la Vérité : Burnham fait planer l’ombre de 1984 sur le Royaume-Uni

Le Premier ministre britannique entend contrôler l’information pour débusquer les « fake news ».
Capture d'écran YT Nations unies
Capture d'écran YT Nations unies

« Le ministère de la Vérité s’occupait des divertissements, de l’information, de l’éducation et des beaux-arts. » Dans le roman 1984, de George Orwell, Winston Smith, le personnage principal, travaille au ministère de la Vérité, le Miniver. Il est chargé de réécrire des articles de presse et des documents afin que les archives soient en cohérence avec le présent. Bien qu’écrit en 1949, sur cette thématique de l’information, cet ouvrage est particulièrement d’actualité.

En témoigne la prise de parole à l’ONU du Premier ministre britannique, Andy Burnham, le mardi 22 septembre. Au nom de la lutte contre la désinformation et les deepfakes, il a annoncé la création d’un organe gouvernemental chargé de « détecter, attribuer et perturber » les informations erronées volontairement diffusées notamment par des pays hostiles au Royaume-Uni, comme la Russie, pour ne citer qu’elle.

Miniver

« Nous parlons d'une campagne insidieuse qui s'insinue dans les foyers et déforme la perception qu'ont les gens de leur pays et de leur communauté, créant un récit de déclin, attisant les divisions et semant le désespoir », a-t-il affirmé à New York.

Le chef du gouvernement britannique a nommé ce nouvel organisme de contrôle « Centre national de défense de l'information ». Plusieurs internautes ayant vu la séquence ont immédiatement réagi en dénonçant la création d'un « Ministry of Truth », tant quelques-unes des phrases prononcées par le travailliste lors de son discours font écho à 1984. « La sécurité commence dans chaque foyer », « Si vous avez du mal à faire face au coût de la vie et que votre situation ne s'améliore pas – ou si vous êtes un jeune sans emploi, sans études ni formation –, alors vous serez beaucoup plus vulnérable à ce genre d'influence » et « Une partie du défi consiste à donner à notre population les moyens de s'épanouir » en sont.

Le contrôle de l’information étatique qui veut se substituer à l’esprit critique de l’homme car celui-ci serait influençable à des fins de bien commun est chose très orwellienne. Comme les utilisateurs de X, Nigel Farage, chef de l’opposition Reform UK, n’a pas manqué de le remarquer et a alerté sur les dérives potentielles d’un tel dispositif : « La dernière ruse d'Andy Burnham consiste à lancer un Centre national de défense de l'information pour lutter contre la désinformation. [...] Mais vous savez ce qui va se passer, avec ce gouvernement. Il a déjà déclaré que c'était pour mettre fin aux idées d'extrême droite, etc. Ce sera comme le ministère de la Vérité de George Orwell, et cela servira à réprimer la liberté d'expression. »

Big problème pour la liberté de la presse

En décembre dernier, Emmanuel Macron avait, lui aussi, eu une idée du même acabit. Il avait dit souhaiter que les journaux et les journalistes soient adoubés ou non via un système de labellisation. L’objectif de cette démarche aurait été d’indiquer aux Français quels étaient les médias sérieux et ceux qui ne l'étaient pas. Elle a été vivement critiquée car elle laissait craindre que seuls les médias proches du pouvoir ne soient homologués et, donc, que la liberté de la presse ne soit réduite.

Emmanuel Macron n’avait pas eu l’idée de faire passer sa proposition pour un acte de défense vis-à-vis des ingérences étrangères informatives. Andy Burnham a été plus malin...

Vos commentaires

28 commentaires

  1. Effectivement il veut contrôler l’information pour distribuer que SES informations, les occidentaux aux commandes actuellement sont tous prix Nobel de la désinformation.

  2. Vous vous trompez.
    Macron n’a pas manqué de sous-entendre que les menaces d’ingérence viendraient essentiellement de la Russie.

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