En 2006, le gourou Raël octroya à Onfray, et contre son gré, le titre de « prêtre honoraire » du Mouvement raëlien, estimant que son goût pour l’hédonisme et son athéisme le qualifiaient pour cette distinction. En retour, Onfray le traita de « crétin sidéral » et les Raëliens de « tribu de demeurés ». L’éditorialiste Pierre Cormary en avait finement conclu que « l’athée faustien était récupéré par des athées prométhéens encore plus conséquents que lui ». Et les derniers propos tenus par le philosophe renforcent l’impression d’une proximité entre ses vues et celles que répand le groupe sectaire.

Présentant son ouvrage, Décadence, dans l’émission « Quotidien » de Yann Barthès, sur TMC, le 27 février dernier, il estima que « dans vingt-cinq ou trente ans, les Blancs (comprendre : la culture occidentale), ça disparaît… Quoi que vous fassiez, c’est déjà réglé… Moi, je suis dans cette logique tragique… Il y a une hypothèse pour que cette civilisation soit remplacée par une civilisation à l’africaine. »

Il poursuit : « Ce qui finira par advenir, c’est une espèce de civilisation de par lequel on pourra faire des choses terribles… On donne déjà à des souris des souvenirs de choses qu’elles n’ont pas vécues… De la souris à l’homme, il n’y a pas bien loin et, à un certain moment, les hommes auront des souvenirs de choses qu’ils n’ont pas vécues et oublieront ce qu’ils ont vécu… Et là, toutes les civilisations, ce sera du pipeau. »

Et Onfray conclut : « Parce que, à ce moment-là, il y aura une nouvelle civilisation sur la planète entière ; puis arrivera le moment où il faudra envisager de quitter cette planète parce qu’elle est appelée à mourir elle aussi. »

Tout cela pour répondre à une question (ou l’esquiver) portant sur le combat mené par Marine Le Pen. On en reste pantois. C’est vrai qu’on dirait du Raël, avec une prodigieuse irresponsabilité travestie en discours visionnaire. Les réflexions d’Onfray sont hallucinantes, l’homme confond les temporalités, l’ici et maintenant du réel et l’ailleurs intemporel de l’imaginaire, comme pour mieux fuir un présent incommodant. Onfray est aussi le révélateur d’une pensée aliénée par un déterminisme gauchiste qui se refuse à remettre en cause les postulats initiaux erronés qui la fondèrent, entraînant une dégénérescence du discernement et la chute de l’idéal révolutionnaire rigoureux vers le « jouir sans entraves » nihiliste.

Monsieur Onfray, qui se définit en « capitaliste libertaire », c’est-à-dire en mondialiste, exprima autrefois dans L’Art de jouir son projet philosophique : « Réconcilier la chair et l’intelligence. » Beau projet qui, mené sans discernement, peut susciter l’émergence de la pulsion de et la perte du sens du réel.

Dépourvu du courage de faire face, cet ectoplasme médiatique contribue à l’anéantissement de l’esprit collectif à un moment où un combat pour la survie s’impose, car cette future « civilisation à l’africaine » qu’il imagine pourrait bien être une civilisation islamique.

15 mars 2017

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