Editoriaux - Religion - 21 janvier 2016

Michel Onfray a des amis qui s’ignorent

Sur le site oumma.com, l’essayiste El hadji Samba Khary Cissé ironise à propos de “l’islamologie de comptoir” de Michel Onfray.

Ce site n’est pas connu pour afficher des propos infamants, extrémistes ou contraires au droit, et le commentaire de cet essayiste ne déroge nullement à ces règles ; cependant, certains arguments nous émeuvent :

“Le Coran comporte 114 sourates et 6.236 versets. L’injonction “tuez-les…” y figure une dizaine de fois, soit 0,2 % du contenu total (dix de trop diraient, à juste titre, certains).”

Ailleurs dans l’article, on peut lire :

“Moi je dis qu’il y a vingt-trois Corans, car d’une période l’autre, presque aucune année n’a ressemblé au suivant dans la vie du Prophète” (allusion au fait que le Coran aurait été révélé par fragments sur une durée de 23 ans).

Monsieur El hadji Samba Kary Cissé est honnête intellectuellement puisqu’il admet (petites parenthèses inutiles mises à part) qu’appeler au meurtre n’est pas bon. En droit, c’est un délit. Et l’auteur de cet appel n’est pas n’importe qui dans le cas discuté. C’est Dieu.

J’ajouterai – tant pis pour le “je” haïssable – que je rechignerais d’importance si l’on voulait me contraindre à l’absorption d’un soda dosé à 0,2 % d’arsenic.

En second lieu, on a matière à s’étonner d’apprendre qu’il y aurait ne fût-ce que deux Corans.

Ce mot se conjugue mal au pluriel. Le Coran étant la parole de Dieu de toute éternité, y aurait-il des dieux siamois aux pensées distinctes, quand les sectateurs de l’islam indiquent comme pilier fondamental la chahada qui prône l’unicité du Créateur ?

Il est toujours aisé de pointer du doigt certains passages d’un texte, aussi doit-on conseiller aux lecteurs de se rendre sur le site concerné. Néanmoins l’on peut affirmer sans ambages que monsieur Cissé prend beaucoup de risques auprès de ses coreligionnaires. Il admet qu’Allah peut être perçu comme poussant à des extrémités injustifiables et promeut l’idée d’un livre évolutif, comme si Dieu bégayait.

Ce faisant, cet essayiste nous est sympathique… car il justifie pleinement le travail de celui dont il prétend rabattre le caquet. Vive la dialectique ! On attend avec impatience la sortie – à l’étranger ! – du nouveau livre de ce trublion d’Onfray.

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