« #MeTooInceste j’avais 6 ans quand les attouchements ont commencé, 15 quand j’ai dû vivre maritalement avec mon père, être prostituée et violée sur son ordre, 16 quand j’ai dû avorter de ses œuvres, 17 quand je l’ai dénoncé et été rejetée par la famille. Exil. » « J’avais 5 ans. C’était un cousin de 39 ans. 32 ans d’#AmnesieTraumatique. » « C’était mon grand-père. J’avais encore l’âge de faire la sieste après le repas de midi. Lui aussi faisait la sieste. En vacances chez mes grands-parents je faisais la sieste avec lui dans le lit de mes grands-parents. » Les témoignages glaçants d’enfants sexuellement abusés inondent les réseaux sociaux depuis quelques jours sous ce #MeTooInceste.

Les effroyables confidences de Camille Kouchner ont libéré la parole et permettent aux victimes de se sentir moins seules. Que la vérité soit révélée au grand jour est toujours une bonne chose. Mais après ? Combien de temps notre société infantile et infantilisée, dictée par ses émotions, « ses pensées pour », ses cœurs avec les mains, va-t-elle continuer à déplorer les effets dont elle chérit les causes ? Une fois que l’on aura compris que ce phénomène est bien plus répandu qu’on ne l’imaginait, que les victimes portent le poids de la culpabilité et que la majorité de ces histoires sordides se déroulent en « famille », allons-nous tirer des conséquences ?

Il est à craindre que non. Les polémiques se suivent et se succèdent, puis disparaissent dans l’oubli. On en aura parlé, interrogé des experts, formulé des propositions, étudié la question, sans doute déposé d’énièmes amendements et conclu que le sujet est « complexe ». Complexe, car issu d’un mal profondément enraciné et duquel notre société n’est pas encore prête à se débarrasser. L’idéologie de la libération sexuelle à l’origine de ces maux (jouir sans entraves, il est interdit d’interdire…) sévit encore de nos jours, au regard des revendications sociétales des lobbys progressistes.

Enfin, nos compatriotes sont-ils prêts à entendre un véritable discours sur la chasteté non pas comme « le terme désuet d’une morale étouffante ni une contrainte superflue », écrit Gabrielle Vialla, mais bien comme « une aide précieuse pour une sexualité responsable, assumée, intégrée à toute notre vie » ? Peut-on encore oser affirmer, sans essuyer les quolibets, que la sexualité doit être vécue dans un cadre approprié, c’est-à-dire le mariage ? Tant qu’on reléguera ces affirmations au rayon des « idées moyenâgeuses », qu’on affirmera qu’il faut « vivre avec son temps », que les injonctions aux performances sexuelles ou les incitations à « être bonne » et que « les mecs se retournent sur mon p’tit cul » seront les références de nos jeunes sur les réseaux sociaux ou dans la presse féminine (en témoigne ce « Complément d’enquête » sur les dangers de TikTok), que les interventions en éducation sexuelle dans les établissements scolaires se contenteront d’expliquer à nos enfants ce qu’est une fellation, l’idéologie de la libération sexuelle aura de beaux jours devant elle.

Les autorités en marche peuvent toujours s’indigner, trouver les moyens juridiques pour faire évoluer l’imprescriptibilité de l’ ou l’âge légal de l’enfant, ou même organiser des Assises de la psychiatrie, ce ne sera que cautère sur une jambe de bois.

18 janvier 2021

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