Quel est le citoyen lambda qui peut avoir une opinion sensée et argumentée concernant l'Union européenne ? Je parle de celle d'aujourd'hui, ce corps obèse à 28, fruit d'une agrégation forcenée par des hommes politiques successifs, sans concertation avec les peuples et souvent en dépit de leurs choix, dont certains bafoués.

Quel est le citoyen, y compris un élu territorial — pour ne pas dire, même, national —, qui peut citer le nom de son député européen ? Où est l'élan général, ce grand enthousiasme, ces fêtes participatives ? Les seules commémorations communes sont celles des guerres désastreuses dont on nous rabâche qu'elles sont bannies grâce à cette nouvelle amitié. Où est ce corps de intégré et déterminé, à la dimension des 500 millions d'habitants et qui ferait plier n'importe quel ennemi potentiel ? Ah oui, il y a Eramus, qui favorise le rapprochement et la mobilité des et parfois des unions transnationales officielles ou festives.

La Grande-Bretagne a raison de remettre en jeu son appartenance à la Communauté. Quel que soit le résultat, de toute manière acquis avec une majorité faible, il va secouer la torpeur administrative et pesante du « machin », ébranler les convictions officielles et immédiatement divertir l'actualité des secousses récurrentes et démoralisantes du moment. Pas jusqu'à faire oublier l'Euro, cependant. Et pourtant !

La toute première raison que j'y vois est qu'en dépit de règles communes et contraignantes, les Anglais continuent de rouler à gauche ! On aurait dû dissoudre cette originalité, imposer le code continental, mais les commissaires de n'ont pas réussi — ou voulu — vaincre cette “so British” particularité.

La seconde est le maintien jaloux de leur monnaie qui leur a permis, me semble-t-il — mais je ne suis pas expert —, de conserver ce quasi-monopole et pouvoir économique qu'est la vénérable City. Quelle alternative, demain, en cas de Brexit ? ou Francfort ? Merkel ou Hollande-ennemi-de-la-finance ?

Bien entendu, la première sanction de la Commission devrait être, logiquement, la suppression de l'anglais des échanges intra-européens, réunions officielles et forums divers. Il demeurerait 23 langues officielles qui ont, toutes, leurs interprètes à Bruxelles, dont le gaélique au service des Irlandais.

La seconde conséquence — et pour être sérieux — particulièrement opportune serait la remise à plat des institutions et des cohortes de fonctionnaires, experts, élus, commissaires et autres petites mains qui savourent à nos frais les charmes d'une expatriation sous bonnes conditions fiscales. Il faudra bien trouver des économies pour compenser la fin de contribution du sécessionniste.

Il en est un particulièrement inquiet, c'est le sieur Donald Tusk, président du Conseil européen, qui déclare lundi qu'une victoire du pourrait mener à la « destruction de la civilisation occidentale ». By Jove, rien que ça ?

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21 juin 2016

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