L’Occident aime réformer le monde. Les autres ne sont que des barbares, lui seul détient la Lumière ; c’est ce que Baudrillard appelle “l’intégrisme démocratique”.

Cette vieille manie est venue des Grandes Découvertes et de la manie de convertir les antipodes sur fond de pillage colonial et de comptoirs commerciaux. Aujourd’hui encore, les Américains ne sont que les héritiers des grands voyageurs d’hier qui arrivaient pleins de convoitise et de prosélytisme. Mais voyons ce que dit Voltaire dans son Dictionnaire philosophique, à l’article “Japon” : “Dès que les Européens eurent franchi le cap de Bonne-Espérance, la Propagande se flatta de subjuguer tous les peuples voisins des mers orientales et de les convertir. On ne fit plus le commerce d’ que l’épée à la main ; et chaque nation de notre Occident fit partir tour à tour des marchands, des soldats et des prêtres.”

On a aujourd’hui, à la place des prêtres, tous les Soros de la planète et leurs ONG financées et prêtes aux révolutions orange ; ou les églises évangéliques dans les pays tropicaux, aux leaders formatés par les préparations mentales de la CIA et du Tavistock Institute.

Voltaire continue sur le Japon, qui devient partiellement chrétien : “Il en coûta cher au Japon ; il fut sur le point d’être enseveli dans les flots de son sang, comme le Mexique et le Pérou. […] Tous les néophytes des jésuites et des dominicains prirent alors les armes, au nombre de trente mille. Il y eut une guerre civile affreuse. Ces chrétiens furent tous exterminés.”

Notre auteur rappelle que ces bons jésuites furent exterminés avec l’aide des Hollandais !

Et Voltaire de demander : “Qu’il me soit permis de demander à ces missionnaires quelle était leur rage, après avoir servi à la destruction de tant de peuples en Amérique, d’en aller faire autant aux extrémités de l’Orient, pour la plus grande gloire de Dieu ?”

Aujourd’hui, la gloire de la et des “droits de l’homme” a remplacé la gloire de Dieu. Et, comme s’il prévoyait que le soft power ou le bellicisme américain allait s’en prendre à la Chine (le Tibet, le commerce, les îles de sable, l’Afrique, tout le reste), Voltaire rappelle ces sages paroles d’un empereur chinois un peu agacé par la furie messianique occidentale : “Gravons dans nos cervelles turbulentes ces mémorables paroles de l’empereur Young-tching, quand il chassa tous les missionnaires jésuites et autres de son empire ; qu’elles soient écrites sur les portes de tous nos couvents : “Que diriez-vous si nous allions, sous le prétexte de trafiquer dans vos contrées, dire à vos peuples que votre ne vaut rien et qu’il faut absolument embrasser la nôtre ?””

On pourra conclure en maniant l’apostrophe et la personnification comme un Diderot, par exemple : messianique et grandiose Occident, ne pourrais-tu laisser tranquilles les peuples de la planète, y compris les peuples de l’ mutilée par ta folie éternelle et ton arrogance naturelle ?

28 juillet 2015

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