« Rumeur », « calomnie », « tribunal médiatique », « délation » : comme vous y allez, Cher Alexandre Marie ! Et que de haine contre l’accusateur Mediapart alors que l’accusé Cahuzac est absous d’avance sous prétexte qu’il a démissionné.

Remarque préalable : une institution qui ne dénoncerait pas un crime dont elle est témoin en serait complice. Or, les sont, dans nos institutions, le « quatrième pouvoir », c’est-à-dire une institution. Si les médias ne font pas leur métier d’enquête et de dénonciation, ce que seul Mediapart fait aujourd’hui, alors qu’ils rendent les 2,4 milliards d’euros d’aides qu’ils coûtent à la nation chaque année. En tant que lecteur, en tant que citoyen et en tant que contribuable, je demande aux médias d’enquêter et de dénoncer. Le contraire ne serait rien de plus que vivre de la corruption.

Il se trouve que Plenel et Mediapart ne sont pas seuls, dans cette . Ce n’est pas Plenel (vous oubliez Fabrice Arfi,du service investigation de Mediapart, qui fait un sacré boulot) à lui tout seul, avec sa petite plume et son bagout, qui a fait tomber Cahuzac, c’est la justice. Car ce que vous faites mine d’oublier, c’est que la nomination de deux juges spécialisés dans la délinquance financière fait suite à une enquête policière qui a mis en évidence qu’il y avait matière à. Il y a eu assez de dossiers planqués sous le tapis pour qu’on se réjouisse au moins de ça.

Non, ce qui me trouble, c’est qu’on s’attarde sur le compte suisse de Cahuzac — et on a raison de le faire – mais pas assez sur le reste. Pourquoi les médias s’abstiennent-ils d’enquêter sur la connivence flagrante existant entre la sphère et l’industrie pharmaceutique en ? Pour quelle raison les commentateurs, analystes et autres spécialistes font-ils mine de s’étonner de la retenue de l’UMP dans l’ sans parler de l’affaire Nora Berra, par exemple ?

Cette élue UMP du Rhône, devenue député européen en 2009 et sous-ministre de la Santé de Fillon, a cumulé son emploi de médecin salarié de l’hôpital Édouard-Herriot de Lyon, avec un emploi quasi fictif au laboratoire Boehringer Ingelheim pendant trois ans et Bristol-Myers Squibb pendant quatre ans pour une rémunération totale supérieure à 750.000 € soit, en moyenne, plus de 9.000 € mensuels. Cette dame s’est fait prendre en 2009 pour un délit d’escroquerie à la sociale. Elle avait bénéficié de près de six mois d’arrêt de travail, ce qui ne l’a pas empêchée de continuer ses activités d’élue locale et de percevoir les indemnités allant avec. Mieux, si on peut dire, elle en avait profité pour séjourner longuement en Algérie, son pays, où elle avait obtenu son diplôme (non reconnu en France) de médecin. Madame Berra a remboursé la Sécu mais n’a jamais été inquiétée.

Pour un Cahuzac épinglé, combien d’élus ou de proches d’élus passent au travers des mailles du filet ? That is the question ! Mesdames et messieurs les journalistes, au travail !

24 mars 2013

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