Est-ce que ça va durer ? Il n’est pas un débat politique, et plus particulièrement en période électorale, sans qu’au moins l’un des interlocuteurs ne cite l’ comme exemple économique d’une société dynamique à suivre. Il est vrai que quand la France se désindustrialisait, l’ renforçait, rénovait et renouvelait son tissu industriel. Sa croissance est plus élevée que chez nous (ce qui n’est pas difficile), son taux de chômage peu élevé et sa balance extérieure excédentaire.

Son point faible : la démographie, d’où cette extrême générosité de la chancelière à l’égard des réfugiés et migrants d’Afrique et de Méditerranée orientale.
 Mais, on l’a vu, à Cologne et ailleurs, les choses ne sont pas si simples et on n’intègre pas des centaines de milliers d’étrangers d’un seul coup, comme ça, comme par magie.
 D’autant qu’apparemment, l’Allemagne ne va pas si bien que ses dirigeants le prétendent. De gros problèmes se profilent, qui ne faciliteront pas l’intégration, et encore moins l’assimilation :
 le Paritätische Gesamtverband (genre d’observatoire social) souligne que la pauvreté a progressé alors que le chômage, au contraire, diminuait dans le pays. « Cela pointe du doigt le gonflement des emplois à bas salaire, la baisse des emplois à plein temps soumis à cotisations sociales, la hausse du temps partiel et des conditions d’emploi précaires depuis dix ans », a estimé M. Schneider. Non seulement l’écart entre riches et pauvres « a significativement augmenté en Allemagne », mais en plus « le fossé entre régions prospères et régions pauvres s’approfondit et s’élargit », a-t-il ajouté.

La population allemande, comme beaucoup de Français, complètement formatée au libéralisme et au consumérisme, ne remet pas encore en cause le système qui lui est imposé, mais là aussi les choses peuvent changer, car un peuple, même rendu inculte par les programmes scolaires et les médias, s’il se sent maltraité peut, par réaction de survie, se rebeller.
 Finalement, le modèle allemand n’est rien d’autre que le modèle économique anglo-saxon à l’échelle de l’ atlantiste.
 Les peuples qui subissent cette politique (la même partout, ou presque, en ) rencontrent les mêmes problèmes et l’on peut assister, dans toutes les nations européennes, à la montée de ce que nos élites apatrides appellent avec mépris le « populisme ».
 Certains chefs d’État, comme Viktor Orbán en Hongrie, qui refusent de jouer la partition imposée par Berlin et Washington sont montrés du doigt tandis qu’ils sont très populaires dans leurs pays.

Si l’Allemagne est la locomotive de l’Europe, peut-être serait-il temps de détacher les wagons, car la crise qu’elle se prépare à vivre pourrait affecter gravement ses voisins, lesquels ne tiennent pas eux-mêmes la grande forme.
 se trouve, par obéissance aux financiers supranationaux, aux prises avec un flux gigantesque de migrants que, compte tenu de l’état de son pays, elle ne parviendra pas à absorber sans dommages graves infligés à sa propre population. La chancelière est bien consciente que sa marge de manœuvre est extrêmement étroite aujourd’hui. Elle qui caracolait encore il y a peu dans les sondages vient de prendre un mauvais coup qui l’oblige à repenser sa politique d’accueil des étrangers, mais aussi sa politique sociale. Hormis le fait qu’elle, la protestante, s’est attiré les bonnes grâce du Saint-Père (aux pays des Bisounours ?), il faudra s’attendre à une crise économique, culturelle et sociale sans précédent. L’aboutissement logique de cette route vers l’enfer pavé de bonnes intentions avec la bénédiction de Rome.

À lire aussi

Les grimaces de Mélenchon…

L’affaire ne pourrait être qu’une sorte de tragi-comédie un peu cocasse si elle ne cachai…