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Editoriaux - Histoire - Religion - Table - 24 mai 2015

Mère Térésa déjà sainte ?

D’après l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, le président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Mgr Salvatore Fisichella a annoncé que le Pape François pourrait canoniser Mère Teresa de Calcutta (1910-1997), le 4 septembre 2016.

Revient sur la table, la question des canonisations rapides, trouvées même expéditives, voire bâclées, par certains qui rappellent que la procédure de canonisation doit être minutieuse et patiente et aboutir après un débat contradictoire à établir que le saint a poussé jusqu’à l’héroïsme la pratique de la vertu.

La canonisation de saint Jean-Paul II avait irrité les traditionalistes, celle de Jean XXIII les a crispés. La perspective d’une canonisation de Don Helder Camara serait un casus belli pour la Fraternité saint Pie X si la paix avait été signée avec Rome.

Pourtant l’histoire des saints est remplie de scandales : ce que saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars, résumait : “les saints commencent parfois mal mais finissent toujours bien ».

A ne reprendre que la biographies des saints parisiens et nationaux, les cas d’assassinats voire de parricides ne manquent pas. Saint Gontran tua son médecin. Saint Sigismond fit étrangler son fils pour complaire à sa nouvelle épouse. Saint Julien l’Hospitalier massacra ses parents dans le lit conjugal après les avoir pris pour les silhouettes de sa femme et de son amant. Saint Charlemagne dont le pape Benoit XIV considérait a posteriori la canonisation comme valide, était de fait polygame. Plaidera-t-on les mœurs barbares de l’époque mérovingiennes ? Plus près de nous, le bienheureux Charles de Foucauld fut surnommé par ses camarades “le gros” ou “le cochon” tellement il était dépravé. Ignace de Loyola n’aima longtemps que la gloire et la guerre.
Le vénérable Claude Bernard aimait les repas fins et la bonne chère, il monta un jour en chaire pour se moquer du prêcheur en retard et mystifier son auditoire. François de Sales se repentit d’avoir trop aimé prêcher devant de jolies pénitentes.

Il n’en reste pas moins que pendant un millénaire, la canonisation se fit par l’opinion publique, joliment baptisée sensus fidei.

Pour en revenir à saint Sigismond, il se repend du meurtre de son fils et s’ensevelit dans le monastère d’Agaune en Suisse tant et si bien que son peuple change d’opinion à son égard. Lorsque le fils de Clovis lui fait trancher la tête ainsi qu’à sa famille et fait jeter son corps dans un puits, des pèlerins viennent spontanément faire retraite sur le lieu où reposait sa dépouille. Des miracles se produisent. Son peuple le proclame saint ainsi que toute la chrétienté.

Saint Gontran racheta ses fautes par des libéralités aux pauvres et fut surnommé “le bon roi Gontran” avant d’entrer au monastère Saint-Marcel..

Pendant un millénaire, la canonisation fut le fait de l’opinion autant que de l’évêque ou du pape.

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