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Quand ai-je fait la « connaissance » d’Alain Finkielkraut ? Probablement lors d’une émission radio ou de télévision, il y a déjà longtemps… J’ai été séduite par le fond, bien sûr, de sa pensée dans laquelle je trouvais un écho à mes idées qu’il a contribué à approfondir et enrichir, mais aussi par la forme, ce ton calme et mesuré malgré la fermeté et l’originalité du propos, ces mots choisis avec soin et finesse pour étayer un raisonnement implacable et lumineux, cette humilité même au-delà des convictions fortes et sa reconnaissance profonde pour la France et l’école. Probablement ai-je été aussi sous le charme de ce bel homme ; il faut bien avouer que cela ne gâche rien !

J’ai lu ses livres et La Défaite de la pensée est une œuvre fondatrice ouvrant de nombreuses portes.

J’écoute régulièrement sur France Culture « Répliques », son émission phare où il donne le meilleur de lui-même, en ne recevant que deux invités sur un thème choisi et très varié d’une semaine à l’autre, moment de grâce intellectuelle et de courtoisie pendant lequel chacun a le temps de s’exprimer sans être interrompu. Une rareté dans les médias.

Mais est un combattant, un militant des idées pour lesquelles il se bat inlassablement, en particulier sur les plateaux télé où règne un monde qui n’est pas le sien : celui de gauchistes de salon, bobos et futiles, simplificateurs et arrogants, un monde où il faut parler vite et fort, être agressif et supposément spirituel, plus bruyant que sensé ou a fortiori cultivé. Un monde où la pensée raffinée et nuancée de M. Finkielkraut est caricaturée, déformée ; jusqu’au mensonge, jusqu’à l’insulte. On voudrait le protéger, lui dire de ne pas y aller car il a tout à perdre à défendre des positions à contre-courant de la pensée dominante, sauf son intégrité et cohérence intellectuelle.

À quel prix ! Je regardais la semaine dernière un documentaire qui lui était consacré sur la chaîne LCP. Il se promène le long du canal Saint-Martin en nous parlant de son enfance. Un passant lui lance : « Saute dans le canal, Finkielkraut ! » Lui souhaiter la mort…

Ne pas pouvoir se promener dans sans être insulté. Oui, son courage lui confère un statut de figure christique. Il tombe et se relève, tombe jusqu’à la maladie mais se relève, y retourne quitte à se faire conspuer pour faire valoir ses idées, confiant dans la force de persuasion que donne un esprit bien fait et bien nourri, et de vraies convictions consubstantielles.

Ces affronts qu’il subit nous font souffrir en compassion avec lui mais contribuent, malgré tou,t à faire passer nos idées rationnelles dans un monde où celles-ci sont sacrifiées à l’inconsistant, au politiquement correct, au déliquescent. Que notre soldat des Lumières en soit remercié. Merci, Monsieur Finkielkraut.

31 janvier 2016

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