Discours - Editoriaux - Politique - 24 août 2014

Mélenchon : le Front est mort, vive le Front !

Comment rebondir en politique ? That is the question! , ce vieux cheval de retour de la gauche peinait, depuis quelques échéances électorales, à continuer d’apparaître comme un jeune premier du Grand Soir. Longtemps sénateur socialiste (1986-2004), ex-ministre de cohabitation de Lionel Jospin (2000-2002), il reçut une double mission au milieu des années 2000 : récupérer les derniers suffrages communistes qui se réduisaient comme peau de chagrin afin de les empêcher de grossir les rangs de l’autre gauche, celle hostile au PS… et arrêter la montée en puissance, alors spectaculaire, d’Olivier Besancenot, “Monsieur + de 4 %” aux élections présidentielles de 2002 et 2007.

“La Méluche” fit merveille : la création du Front de gauche stoppa l’hémorragie communiste et le NPA du facteur le plus célèbre de Neuilly-sur-Seine fut renvoyé à ses scores électoraux habituels, soit presque rien.

Oui, mais… Au lieu de rester sagement un petit soldat obéissant, Mélenchon aspira brusquement à supplanter ses mentors de la rue de Solférino et, pour cela, amplifia la surenchère antisocialiste de son discours…

Sur le papier, c’était jouable. Dans la réalité, ce ne le fut pas. Battu par Marine Le Pen au premier tour des législatives, trahi par ses “alliés” communistes aux municipales, qui choisirent l’alliance avec le PS pour conserver quelques strapontins, puis largement distancé par ce dernier aux européennes suivantes, “La Méluche” était, à l’évidence, sorti de la course et en voie rapide de ringardisation : ses coups de gueule ne faisaient plus que flop sur flop !

D’où ce virage à 180° du week-end : fini la coprésidence du Front de gauche moribond et en avant avec un nouveau cheval de bataille “Pour la VIe République, contre l’austérité !” Soit une posture très gaullienne pour dénoncer de façon subliminale la fin des partis, au-dessus desquels il entend désormais se situer. Ce qu’a toujours prôné, pour sa part, le FN et qui, finalement, ne lui a pas si mal réussi…

Car la VIe République est loin d’être une idée neuve : en 1994 déjà, un certain Jean Marie Le Pen, candidat à l’élection présidentielle, proposait au pays une “autre politique” par le biais d’une “refonte constitutionnelle ouvrant la voie vers une Sixième République”.

Mélenchon réussira-t-il, avec sa démission-surprise, à se positionner désormais comme l’outsider, le rebelle ? À incarner à son tour ce que fut, pendant des décennies, le Front national ? Et tant qu’à chausser les bottes de l’autre, autant lui piquer aussi ses bons mots : dans les années 90, Jean-Marie Le Pen martelait que “Chirac, c’était Jospin en pire”… Aujourd’hui, pour Mélenchon, “Hollande, “c’est pire” que Sarkozy”. Sacré copieur, va !

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