Jean-Luc fait du . Le tribun d’extrême gauche, toujours prompt à dégainer les grands principes, se lâche à propos de l’interpellation des syndicalistes d’Air France. Une interpellation « scandaleuse » à ses yeux. Et, pour enfoncer le clou, Méluche propose d’aller en prison à leur place. Comme il le dit généreusement, il a fini d’élever ses enfants, contrairement à eux…

« Dans un État de droit, il y a des procédures qu’on doit respecter. On ne va pas chercher à 6 heures du matin, dans leur lit, des gens qui n’ont aucune intention de s’enfuir. Ce sont juste des gens qui ont défendu leur droit à un emploi, à un salaire. »

Le propos de Mélenchon rejoint celui du patron de la et d’autres syndicalistes. Aucune condamnation des faits – objectivement violents – dont nous avons été témoins à la télévision. Aucun recul sur le caractère inadmissible d’une action portant atteinte aux personnes, à leur intégrité corporelle et à l’élémentaire respect qui leur est dû. C’est le discours habituel des syndicats français, profondément marqués par la lutte des classes. Pour eux, la violence syndicale est toujours légitime. Dans leur mode d’analyse des relations sociales, les actions les plus violentes doivent rester impunies car leur légalité n’a aucune importance. Elles sont légitimes parce que l’adversaire est un salaud, et cette légitimité prime le reste. Et ces gens-là vous parlent d’État de droit…

Le leader de la CGT ajoutait, comme son épigone du Parti de gauche, que certains politiciens ou hommes d’affaires qui ont fait bien pire n’ont pas été traités de la même manière. Ils ont la mémoire courte. Chacun se souvient que les très gauchisantes et Laurence Vichnievsky ont mis en prison Loïc Le Floch-Prigent, ancien patron d’Elf. Ou que a été placé en garde à vue et déféré à deux magistrats membres du Syndicat de la magistrature à 3 heures du matin. Un homme qui, manifestement, n’aurait jamais cherché à prendre la fuite… À cette époque, ni Mélenchon ni la CGT n’ont manifesté la moindre émotion.

On ne les entend pas plus lorsqu’un petit patron est placé en garde à vue et considéré comme un criminel à cause d’un accident du travail dont il est légalement responsable mais qu’il n’a pu prévoir ni éviter. Et, bien entendu, lorsque Dupont Lajoie se retrouve devant un tribunal pour une infraction mineure qui lui vaut des poursuites et une condamnation que le parquet n’omettra jamais de mettre à exécution avec toute la rigueur de la loi. En bref, ces dirigeants politiques ou syndicaux ont une vision purement idéologique de la détournée de son objet, qui est de rendre à chacun – dont la société – ce qui lui revient. Pour eux, l’action judiciaire doit être le bras armé de la révolution marxiste. Ils en sont encore là.

En réalité, la loi est la même pour tous. Et son application est plutôt indulgente envers ceux qui peuvent se prévaloir d’une justification politiquement correcte. Bedos en matière d’insultes. Les chauffeurs routiers qui bloquent les routes et entravent la libre circulation sur la voie publique. Les « jeunes » de banlieue considérés comme des victimes de la société. Ceux-là bénéficient d’une justice indulgente qui oublie, la plupart du temps, d’aller les chercher au saut du lit. Alors, que quelques excités subissent l’application normale de la loi pénale n’est que le juste retour des choses.

Ce sont là des propos destinés au grand public. Ils ne valent que ce que valent les grandes phrases emphatiques mais ne règlent rien. Ils permettent, surtout, d’éluder la question essentielle : celle de mettre en place un responsable, représentatif, ouvert à une vraie négociation et conscient des enjeux économiques. Tout le contraire du système actuel où des centrales syndicales engraissées à coup d’argent public réunissent à peine 8 % des salariés français. On attend les propositions de Mélenchon sur le sujet.

15 octobre 2015

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