Accueil Document Médecins contre Touraine : une guerre sans merci
Document - Editoriaux - Médias - Presse - Santé - 2 janvier 2015

Médecins contre Touraine : une guerre sans merci

La guerre entre les médecins et le gouvernement dure maintenant depuis assez longtemps pour que la vérité soit enfin écrite sur ce qui motive ce conflit. Jusqu’à ce jour, c’est plutôt la désinformation de la presse d’État qui a primé.

Non, les médecins ne sont pas des nantis qui défendent leurs intérêts. La loi santé voulue idéologiquement par la gauche de Hollande et Macron, c’est la mort de la liberté de soins. Ce sont les patients qui seront les premiers à trinquer, même si on veut leur faire croire le contraire.

(MST, pour les médecins) veut faire croire que l’illusion du tiers payant généralisé est l’alpha et l’oméga de cette loi. Si les patients se documentent un peu, ils verront que tous les pays qui ont pratiqué ce tiers payant ont créé une médecine à deux vitesses. Celle des pauvres avec prise en charge totale et soins a minima, et celle des riches qui peuvent payer. Voir l’Angleterre, l’Italie, et autres pays européens. À terme, c’est ce qui attend la France, ce qui avait été évité depuis toujours par les différents gouvernements et par les médecins qui acceptaient d’être mal rémunérés pour garantir l’accès aux soins à tous.

Aujourd’hui, avec cette volonté idéologique de tuer ce système, c’est toute une médecine “à la française” qui va mourir. Les patients ne paieront plus directement leur médecin mais ils n’en auront plus le choix. Ils devront aller là où les mutuelles leur diront d’aller (en sachant que les vrais vainqueurs de ce système seront les mutuelles). Plus de choix, donc, plus d’autonomie pour se faire soigner, des médecins presque nationalisés qui fermeront leur cabinet à 17 h pour ne reprendre que le lendemain vers 9 h. La nuit, le week-end, pendant les vacances, il y aura l’hôpital.

Ces médecins, que MST voudrait faire passer pour des profiteurs, sont des femmes ou des hommes qui ont étudié jusqu’à 30 ans pour beaucoup, qui travaillent plus de 70 heures par semaine, et qui portent seuls la responsabilité de notre santé. On nous dit qu’ils gagnent autant qu’un cadre supérieur, mais ce mensonge des médias oublie de dire que le cadre, lui, ne paye pas ses investissements, son matériel, et tout ce qui est nécessaire pour faire de la bonne médecine. Alors, effectivement, quand il reste à un médecin un salaire de cadre, non pas pour 35 heures mais pour 70 heures, le compte n’y est pas.

Demain, qui va payer les matériels médicaux des cabinets devenus “d’État” et qui va s’occuper des rendez-vous, de la réception des patients, de l’administratif ? Les médecins que l’on aura tondus plus que raisonnablement ne feront plus que la médecine, l’État devra faire le reste. Ajoutons que cette loi Touraine signe aussi la mort du secret médical : les dossiers des patients seront communiqués par l’ARS (devenu le patron de toute la santé en France) à tous ceux qui gravitent autour de la santé et qui en auront besoin.

Alors, oui, les médecins ont raison, ils se battent pour conserver la médecine dont on disait encore il y a quelques années qu’elle était la meilleure du monde. S’ils perdent et que les socialistes nationalisent la médecine (comme tout ce qui est libéral), on s’en mordra les doigts. Pour aller chez un spécialiste qui fera son métier avec le temps qu’il faut et les précautions nécessaires, il faudra payer. Les médecins acceptent aujourd’hui bon gré mal gré des consultations à 23 euros alors que la moyenne européenne est à 45 euros. Demain, beaucoup ne seront plus remboursés, sauf par les assurances privées, et prendront au moins ce prix et même plus.

À lire aussi

Municipales : attention, un élu peut en cacher un autre !

Le parti d’Emmanuel Macron veut « les places », et pas juste pour être maires ou conseille…