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Editoriaux - Politique - Santé - Table - 12 novembre 2015

Médecins en colère : l’hôpital va mal, la médecine libérale aussi

Ce titre peut vous paraître pessimiste, pourtant c’est la stricte vérité. Depuis des années les politiques, de droite comme de gauche ont cherché à contraindre les médecins dans un carcan financier. Du temps de Juppé et autres « inventeurs de droite » nous avons eu les découvertes géniales. Le style de réflexion des énarques était simple : « La santé coûte trop cher diminuons le nombre de médecins ». Sous l’impulsion de quelques conseillers illuminés on a donc demandé, en leur offrant un belle somme, à des médecins de partir en retraite prématurément. Les mêmes grands penseurs du vingtième siècle ont aussi fermé le numérus clausus de façon à former moins de médecins.

Du côté des penseurs socialistes cela n’a pas été mal non plus, nous avons eu Martine Aubry qui a inventé les 35 heures de travail avec RTT et tout ce qui va avec. Bien sûr, les hôpitaux qui étaient déjà à la limite de l’explosion n’ont pas supporté ce régime amaigrissant (sauf bien sur pour les syndicats qui eux y voyaient une aubaine) Le résultat de ces inventions françaises se constate aujourd’hui, des hôpitaux en grand danger par manque de médecins, des praticiens qui sont tous, ou presque, à la limite du burn out.

Personne chez ces professionnels de la politique n’avait pensé au vieillissement de la population, réussite de la médecine depuis 50 ans. Personne non plus n’avait anticipé la demande croissante d’une population arrivée dans notre pays et soignée gratuitement. (CMU, AME) Par contre tout le monde peut en voir les résultats, les hôpitaux publics complètement débordés.

À l’opposé notre ministre actuelle veut tuer, avec sa loi santé, la médecine libérale. La seule qui a accepté de travailler depuis 1945 avec des prix de consultations les plus bas d’. La seule qui, faisant fi de ces « tarifs opposable » soigne la population le mieux possible avec les moyens du bord. Depuis Juppé, la médecine comptable est là pour diminuer les coûts et ce sont les médecins de ville qui sont en première ligne. Aujourd’hui Marisol Touraine veut refuser aux patients le choix de leur médecin, abroger le secret médical, nationaliser la santé et, en même temps, en donner les rênes aux assurances privées. Assurance privées qui sont en train activement de mettre en place des réseaux de soins dans lesquels vous serez captifs et sans aucune liberté.

Alors nos énarques dans leur grande sagesse croient que le manque de médecins hospitaliers sera compensé par une nationalisation de la médecine de ville. Même le Conseil national de l’ordre est aux côté des médecins qui se battent contre cette loi pour sauver votre système de soins.

Ce vendredi, et pour plusieurs jours, les médecins libéraux, les cliniques privées et toutes les autres professions de santé font un blocage sanitaire de la France. Ils vont montrer à nos dirigeant politiques ce que sera la santé demain sans cabinets libéraux qui, eux, ne font pas 35 heures mais plus souvent 55 ou 60.

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