Comment interpréter la nomination par le Conseil supérieur de l’audiovisuel du jeune (37 ans) et beau (voir les images) à la présidence de Radio France ? Lorsque son mandat s’achèvera, ce garçon aura 42 ans, il sera aussi jeune que le jour de sa nomination. Si j’ai l’air d’insister sur la jeunesse de l’impétrant, c’est que le président du CSA lui-même en fait des caisses pour justifier ce choix. « Nous avons choisi une personnalité jeune, la plus jeune de l’histoire de Radio France », « audace et dynamisme », « conscience aiguë des enjeux du numérique », « vision stratégique », « tempérament volontaire ».

Tout ça me rappelle que pendant l’enfance de Mathieu Gallet, on avait eu droit aux mêmes assortiments de louanges, pour accompagner l’arrivée à des postes enviables d’au moins deux jeunes gens : l’un s’appelait Valéry Giscard d’Estaing, entré à l’Élysée avant même la naissance de Mathieu Gallet, l’autre, quelques années plus tard (le garçonnet avait alors huit ans), devenait Premier ministre, je veux évoquer Laurent Fabius. De quoi méditer sur les vertus de l’âge ou du hors d’âge.

D’autres sujets de méditation viennent à l’esprit : le CSA a retrouvé le droit de nommer, en toute indépendance, les présidents des organismes publics de radio et de télévision, droit que lui avait ôté une loi concoctée par Mathieu Gallet, alors dir-cab du ministre Frédéric Mitterrand. Cette loi avait donné le droit au président Sarkozy de procéder auxdites nominations. En 2009, il avait poussé Philippe Val, il avait eu Jean-Luc Hees, lequel, candidat expérimenté à un second mandat, a été retoqué par le souverain CSA au profit de, etc. : vous connaissez la suite.

Mais après tout, ce Mathieu Gallet, on dit qu’il a réussi à sortir l’INA de sa traditionnelle gestion des seules étagères d’archives sonores et télévisées, pour en faire une médiathèque ouverte à tous, grâce au numérique. Bravo.

Souhaitons donc à Radio France une très longue et belle vie, au-delà des durées de vie de ses dirigeants, car nous aimons ce bijou qui a conquis et désormais assis son indépendance éditoriale, grâce à l’immense cohorte des journalistes, producteurs(trices), musicien(ne)s, technicien(ne)s, et assistant(e)s de tous calibres.

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