Editoriaux - Politique - Table - Union Européenne - 12 janvier 2015

Massacre de Charlie Hebdo. Et après ?

C’est émouvant, touchant, de voir toutes les marques de sympathie, toutes les manifestations, démonstrations et appels en faveur des victimes et leurs proches, toutes les déclarations à l’encontre de l’insupportable atteinte à la liberté d’expression et aux valeurs de notre République. Mais pour quel résultat final ?

Nos services de sécurité sont d’une efficacité redoutable, je leur manifeste mon admiration et ma reconnaissance ; ils ont déjà déjoué de très nombreuses tentatives d’actes terroristes. Mais le risque zéro n’existe pas et, malgré les moyens existants, la sécurité de nos concitoyens et de nos institutions sera de plus en plus mise en danger avec des conséquences que nous avons déjà connues, mais en pire.

M. Bernard Squarcini, ancien patron de la DCRI (actuellement DGSI), grand spécialiste de la lutte antiterroriste, a chiffré les forces en présence : il y a actuellement environ 5.000 djihadistes en France capables de reproduire des actes similaire à la tuerie de Charlie Hebdo. Pour la surveillance d’un seul terroriste, il faut mobiliser 25 policiers par jour, estime M. Squarcini ! Mais l’épidémie djihadiste est en plein essor ; d’une part, ce sera le retour de combattants en Irak-Syrie, d’autre part l’engouement de nouvelles recrues. Les très nombreux témoignages de joie et d’approbation du récent acte barbare sur les réseaux sociaux en sont la preuve. Ce qui me permet d’estimer un prochain doublement du chiffre des djihadistes présents sur le sol national et prêts à passer à l’action. Imaginez-vous la mise à disposition, chaque jour, de 250.000 policiers et gendarmes uniquement pour les surveiller ?

La guerre – car il s’agit d’une vraie guerre – est déjà déclenchée ; une guerre sans merci de la part des gens prêts à tout, d’une cruauté sanguinaire et désireux de mourir en « martyrs », de devenir les héros de la “Cause”, admirés, adulés et sanctifiés par des hordes de jeunes des cités remplis de haine pour leur pays de papier – la France. Une guerre asymétrique, car de l’autre côté de la barricade nous trouvons les forces de l’ordre qui, bien que supérieures numériquement, matériellement et bénéficiant du soutien de la grande majorité des citoyens, sont paralysées par le respect des lois, règlements et procédures imposés par l’État de droit qui est (encore) le nôtre.

Tant qu’un arsenal juridique courageux et à la dimension du danger ne sera pas mis en place avec des lois d’exception antiterroristes communes pour l’ensemble des pays de l’Union européenne, nous continuerons d’être témoins, sinon victimes, de la répétition d’actes similaires au massacre de Charlie Hebdo. Et aucune manifestation, aucun défilé avec des bougies et pancartes genre « Nous sommes tous Charlie » ne les empêchera de se reproduire de plus en plus fréquemment.

Le pire scénario, si une volonté politique au plus haut niveau ne s’impose pas au laisser-aller et au laxisme coupable de ces 30 dernières années : que cette guerre soit perdue pour la démocratie, la République et, au-delà, pour le monde libre.

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