Culture - Editoriaux - Politique - 14 juillet 2014

Marylise Lebranchu découvre que les fonctionnaires sont des hommes comme les autres

En ce début de juillet, Marylise Lebranchu, ministre de la fonction publique, a fait appel à un comité d’experts. Non pas pour réfléchir au problème de l’allocation des dépenses ou de la gestion des effectifs, mais au sujet de « l’explosion du vote FN parmi les fonctionnaires de catégorie C ».  Une tendance qui est, pour cette proche de Martine Aubry et membre d’honneur de l’ADMD, « une vraie inquiétude » et « un sujet majeur » – constat qui, n’en doutons pas, doit être au cœur des préoccupations des gens concernés !

Un ministre a donc dépensé de l’argent public afin d’obtenir d’un comité d’expert un état des lieux de la montée en puissance d’un parti d’opposition. Quoi de plus normal en effet ? Peut-être que dans la vision socialiste, il est démocratique qu’un ministre cherche à faire baisser la popularité d’un parti politique dans le cadre de ses fonctions. Dans la vie réelle, ça l’est un peu moins. Leur étrange notion de la démocratie s’exprime aussi à travers cette immixtion dans la vie personnelle des fonctionnaires. Dès lors que le principe de neutralité est respecté dans l’exercice de leurs métiers, ces derniers sont libres d’adhérer au parti politique de leur choix. Que Mme Lebranchu s’exprime ainsi sur les opinions politiques de ses subalternes est révélateur. Pour être fonctionnaire, faudra-t-il être encarté au PS ?

La catégorie C  de la fonction publique est la plus basse au niveau hiérarchique et s’obtient par des concours niveau brevet ou BEP. Elle correspond, entre autres, aux adjoints administratifs, aux auxiliaires de puériculture et aux agents de la police municipale. Des métiers en prise directe avec la dureté de la vie quotidienne et du pays réel, quelques centaines de mètres en-dessous de la planète bobo-gaucho dans laquelle semble planer Mme Lebranchu. Confrontés à une montée de l’insécurité, du chômage, et à des rapports sociaux qui se détériorent toujours plus, face à des scandales politiques et financiers, comment s’étonner que le vote FN progresse parmi les classes sociales qui en sont les premières à en pâtir et dont ces fonctionnaires font partie ?

Les chercheurs de l’étude l’ont d’ailleurs souligné : « Plus on est en contact avec les usagers, plus la probabilité de voter FN est élevée » et « c’est derrière les guichets des caisses de la Sécurité sociale, à l’hôpital ou dans les services sociaux, que les fonctionnaires sont le plus sensibles aux thèses frontistes. » S’y ajoute, selon la ministre, un « langage de défense absolue des fonctionnaires » de la part du parti haï.

Plutôt que de se pencher sur des statistiques et des analyses sociologiques, de se réfugier derrière des mots, il serait peut-être temps que tous ces politiques reprennent contact avec la réalité des Français et agissent en conséquence pour le bien commun et non selon leur habituelle logique de parti.

Mais les concernant, pour reprendre les mots de Mme Lebranchu : « Je ne sais pas à quel point le mal est profond et si on va réussir à avancer. »

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