En politique, qui ne prend pas en compte le facteur psychologique se condamne à ne rien comprendre à la tambouille politicienne. Mitterrand n’aimait pas Rocard et c’était réciproque. Martine en a autant au service de François, Hollande celui-là.

Que de querelles cuites et recuites depuis tant d’années… De congrès en congrès, de tricherie en tricherie… Présidence du PS volée à Ségolène Royal, après son élection présidentielle malheureuse de 2007, par , alors qu’une jeune pousse – Manuel Valls – faisait figure de porte-flingue de la presque madame Hollande. Arnaud Montebourg, alors à la gauche de la droite du PS, main dans la main avec un Benoît Hamon campant à droite de la gauche, et appelant le même Manuel Valls – pas encore Premier ministre – à réformer un bidule pas vraiment réformable : le PS, autrefois SFIO (Section française de l’Internationale socialiste) morte en 1971, à Épinay, pour ressusciter, dix ans après, le 10 mai 1981. Il est à croire qu’il est rare que la foudre puisse tomber deux fois de suite au même endroit.

Oui, tout cela laisse des plaies, lentes à se refermer et ne demandant qu’à se rouvrir. D’où le retour de Martine Aubry.

Étrange spécimen que cette dame. Qui entend camper à l’aile « sociale » du parti. Mais dont le père, Jacques Delors, européiste convaincu, catholique pratiquant, donnait malgré tout naguère dans la haute politique : créer une Europe sous surveillance américaine et avec capitaux issus des caisses noires de la CIA, ce n’était tout de même pas rien. Jean Monnet, père fondateur de la chose, en sait quelque chose. Dans des combats moins cruciaux, mademoiselle Delors prend du recul stratégique, persistant à affirmer à Manuel Valls « qu’il ne faut pas se crisper, mais discuter ». Elle entendrait même prendre la tête des « frondeurs » de l’Assemblée. Bravo ! Ce ne sont plus les Cent-Jours de Napoléon ; juste les trente-cinq heures de Martine.

Martine à Lille… Martine au PS… Martine au palais Bourbon… Martine qui fait du ski, mais en hors piste… Voilà qui rappelle leur jeunesse à ceux de nos lecteurs ayant de loin dépassé les cinquante piges et qui lisaient des BD pour jeunes filles prêtes à s’effaroucher pour un rien. Bref, Martine veut aujourd’hui parvenir aux affaires, peut-être pour faire oublier le « coït-interrompu » de son père, Jacques, ayant préféré se retirer juste avant l’élection présidentielle de 1995. Le facteur psychologique, qu’on vous dit…

En attendant, Martine Aubry a d’autres problèmes à résoudre. Tel celui de ces compagnies de CRS depuis longtemps mobilisées pour assurer le bon maintien de la Braderie de Lille, mais dont elle n’entend pas régler les factures. Le détail, quoique minime, demeure révélateur : on lui parle de grande politique, elle répond transferts de compétences et de sous. En cette époque de grande suspicion, à sa place, on s’inquiéterait…

Pour le reste, on lui cause de la grandeur de la France ? D’un général de Gaulle ayant brulé ses vaisseaux pour sauver l’idée qu’il se faisait de la nation ? Et elle, les seuls vaisseaux auxquels elle mette le feu sont les canards en plastique qui font coin-coin dans sa baignoire, ceux de ce marigot socialiste dans lequel elle a vu le jour, mais duquel elle ne parvient manifestement pas à émerger. C’est peut-être son destin. Avorté. Comme papa.

9 septembre 2014

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